Ataxie ou Wobbler Disease

Ataxie, Chute, Couché, Marche difficilement, Membre tendu, Paralysie, Perte équilibre

L’ataxie, ou Wobbler Disease, se caractérise par une incoordination des mouvements du cheval, pouvant aller d’une raideur des membres avec une démarche chancelante à une parésie (paralysie partielle) avec un cheval couché au sol sans possibilité de se relever. Le cheval semble avoir les membres postérieurs plantés dans le sol, et il s’assied s’il recule, puis tombe. Les chutes répétées peuvent aggraver l’état d’un cheval ataxique jusqu’à une issue fatale.

L’ataxie est une compression de la moelle épinière, due à une malformation des vertèbres cervicales, un rétrécissement du canal spinal.

Comment soigner son cheval atteint d’ataxie ?

Le traitement peut être chirurgical ou reposer sur un changement alimentaire et un confinement au box si le poulain atteint a moins d’un an.
Cependant, nous conseillons vivement les propriétaires d’un cheval ataxique de faire appel à un vétérinaire-ostéopathe (attention, pas d’ostéopathe sans formation vétérinaire). Le traitement est très long (plusieurs mois à plusieurs années selon la gravité de l’ataxie), mais les résultats sont surprenants, même pour un cheval souffrant de parésie sévère.


Exemple de cas de Wobbler Disease chez un jeune cheval

Depuis plusieurs jours, un poulain comtois de 1 an et 4 mois et d'approximativement 400 kg arbore une démarche modifiée (raideur des postérieurs) que l'on pense due aux suites d'une castration récente qui s'est infectée. Le symptôme d'ataxie n'est donc pas révélateur pour les propriétaires. 
Un matin, à la sortie du pré, le cheval se couche : l'ataxie s'est aggravée. Plusieurs personnes aident le cheval à se reveler, il titube difficilement jusqu'au manège couvert où il se couche à nouveau. Les postérieurs ne semblent plus répondre et le poulain ne peut plus se relever. Trois heures après, l'ataxie a atteint les antérieurs et le cheval n'est plus capable que de ramper au sol. 

Peu rencontrée et surtout connue dans le milieu des chevaux de sport, la maladie laisse vétérinaire, éleveur et autres personnes présentes perplexes. La complexité de l'ataxie n'est pas identifiée au premier abord et il est d'abord pensé que le cheval n'arrive tout simplement pas à se lever, mais qu'avec de l'aide il y arriverait. Pour tenter de le remettre sur pied, un système de cordages attachés à un tracteur est alors installé pour essayer de soulever le poulain. Une tentative qui se solde par un échec : l'animal se débat sans pour autant contrôler ses mouvements et se jette contre les parois du manège. Une fois reposé, le cheval demeure couché, ses membres ne le portant plus. 

© Marie MercierLe cheval n'arrive pas à se redresser en vache. © Marie Mercier


Prise en charge

Le vétérinaire a ensuite légèrement sédaté le cheval afin de le calmer, puis lui a posé une perfusion pour le réhydrater. Des prises de sang ont été réalisées pour vérifier la thèse d'une intoxication et d'autres maladies. Les résultats n'ont rien apporté. Le vétérinaire a donc administré des anti-inflammatoires et corticoïdes à forte dose ainsi qu'un traitement au sélénium pour prévenir une éventuelle myopathie ou dystrophie musculaire. 

Les anti-inflammatoires semblent par ailleurs avoir un effet : le cheval arrive à se coucher en vache, alors qu'il demeure étalé sur le flanc lorsqu'aucun traitement ne le soulage. 

Les conseils pratiques pour prendre en charge le cheval couché ont été appliqués : le poulain est ainsi retourné toutes les 2 à 4 heures grâce à l'aide de 4 ou 5 personnes se relayant nuit et jour. Le cheval est donc sous surveillance permanente. 

Au bout d'une semaine et demi, alors que des escarres commencent à marquer l'animal, le vétérinaire fait part de ses recherches et évoque un syndrome de Wobbler.


Un vétérinaire-ostéopathe est contacté pour tenter une manipulation du cheval couché. Selon ce deuxième praticien, le cheval aurait grandi trop vite, ce qui aurait occasionné une tension trop importante sur la moelle épinière. 

Manipulation ostéopathique. © Marie MercierManipulation ostéopathique. © Marie Mercier


2 jours après, le cheval se relève enfin : d'abord 15 minutes, puis plus tard 30 minutes. S'il passe encore de longs moments couché, il est désormais capable de se redresser. 
Cependant, son état étant grave, un soutien homéopathie et ostéopathique régulier est conseillé : pour cela, l'animal est rapidement transféré chez un autre vétérinaire-ostéopathe reconnu, à la ferme de Saint-Ygnan en Ariège, où il sera traité pendant près d'un an et demi. 

Après 2 jours, le cheval s'est relevé. © Marie MercierAprès 2 jours, le cheval s'est relevé. © Marie Mercier


Cinq ans après, le cheval se porte bien. Il conserve quelques séquelles puisqu'il trébuche encore et tombe de temps en temps, mais rien de critique car il est capable de se relever, trotte, galope et fait même des ruades. S'il est resté longtemps raide des postérieurs, il arrive à les lever et peut être suivi par un pareur qui s'adapte à sa position et sa particularité. Il est toujours suivi pour son Wobbler, en shiatsu et en ostéopathie

Le traitement du Wobbler est difficile, mais pas impossible. Il nécessite une prise en charge longue et complexe et ne peut être efficace qu'avec l'investissement de tous, professionnels compétents et propriétaires.

Parage un peu délicat pour un cheval ataxique. © Soigner son AnimalParage délicat pour le cheval ataxique. Même cheval, 3 ans après le début de la maladie. © Soigner son Animal. 




Merci à tous ceux qui ont permis le sauvetage de ce cheval : les vétérinaires, les personnes volontaires et le Haras du Turel (31) où le poulain a déclaré la maladie et où tout a été fait pour permettre ses soins.