Et si la solution contre le cancer nous venait des animaux ?

Par Virginie Sowinski, le jeudi 05/11/2015 à 08h00

Le cancer est une maladie grave, véritable fléau que l’on estime responsable de la mort d’une personne sur cinq. Dans le monde animal aussi, cette affection fait des ravages, touchant de préférence la chaîne mammaire chez le rat, le système génital et urinaire chez le phoque ou encore l’intestin chez la baleine Béluga. Pourtant, certaines espèces semblent avoir trouvé le moyen de l’éviter. Qu’avons-nous à apprendre d’elles ?


L’éléphant

Peu de cancers chez l'éléphant

Seuls 5 % des éléphants meurent du cancer, ce qui est bien peu quand on considère que c’est la première cause de mortalité chez l’Homme, en Europe.

Mais alors, quel est le secret des pachydermes ? Leur génome. Les éléphants disposent en effet du gène p53, une protéine régulant les fonctions cellulaires comme l’apoptose (la mort programmée des cellules qui fait défaut aux cellules cancéreuses) et connue pour limiter les tumeurs. Si de nombreux mammifères possèdent ce gène, l’éléphant a l’avantage d’en posséder 20 copies. L’humain de son côté n’en possède qu’une seule copie, ce qui peut expliquer la différence des deux espèces face à la maladie.


Un médicament contre le cancer se servant de la p53 est en ce moment à l’étude.


La baleine boréale

Pas de cancer chez la baleine boréale. © Olga Shpak CC BY SA 3.0 © Olga Shpak CC BY SA 3.0  


La baleine boréale serait encore moins sujette au cancer que l’éléphant. Un constat surprenant, car ce mammifère marin peut vivre jusqu’à 200 ans : une durée qui laisserait le temps aux cellules de muter. Pourtant, il n’en est rien.

Le mystère demeure opaque, et le secret de la baleine boréale n’a toujours pas été percé. Les scientifiques ont toutefois constaté en 2015 une mutation du génome de la baleine, qui protègerait son ADN. Pour pouvoir se servir de cette découverte pour développer un médicament, des études plus approfondies seraient nécessaires afin d’identifier précisément les gènes en cause. Affaire à suivre.


Le rat-taupe

Pas de cancer chez le rat-taupe

Cet étrange animal semble simplement être immunisé : aucun cas de cancer n’a jamais été observé chez cette espèce. Il semblerait qu’il en soit protégé par l’acide hyaluronique, que l’on retrouve également chez l’humain. Cependant, il existe des différences qui changent radicalement l’effet de cette substance sur l’une et l’autre des espèces.
Ainsi, chez le rat-taupe, l’acide hyaluronique se trouve dans l’espace séparant les cellules, les empêchant de se multiplier lors de division cellulaire. Les chercheurs tentent à présent de reproduire ce schéma pour l’humain.


Un traitement basé sur l’acide hyaluronique pourrait être élaboré et proposé aux patients d’ici les cinq années à venir.


Si ces traitements inspirés de la nature semblent prometteurs, il convient de rester prudent : ce qui fonctionne pour une espèce ne fonctionne pas forcément pour une autre. Il ne reste plus qu’à espérer que l’une des solutions développées par chacun des trois animaux précédents puisse être généralisée aux autres espèces de la création.




Source : BBC

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