Homme et chien, un combat commun contre le cancer

Par Virginie Sowinski, le jeudi 15/10/2015 à 08h00

C’est un ensemble de facteurs environnementaux et génétiques qui peuvent conduire à l’apparition d’un cancer. Un quotidien partagé pendant des millénaires et une similitude dans la constitution génétique ont donc logiquement mené à un diagnostic et un traitement semblables du cancer chez le chien et l’Homme. C’est en étudiant la maladie chez l’animal et l’humain pour lutter contre le cancer qu’est née l’oncologie comparative.

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En 2003, le National Cancer Institute lançait son premier programme d’oncologie comparative : une initiative qui a fait naître, plusieurs années plus tard, le Laboratoire de recherche en oncologie comparée. «Il s’agit de comprendre les cancers qui sont partagés par les personnes et les chiens, pour penser le développement de nouvelles thérapies prometteuses pour soigner à la fois l’Homme et l’animal », confie Timothy Fan, chercheur en oncologie et professeur à l’École de médecine vétérinaire de l’UIUC*.

Des chiens atteints de cancer peuvent ainsi intégrer le programme et suivre un traitement que leurs propriétaires n’auraient pas pu leur offrir, faute de moyens financiers. Cela permet à la fois de leur apporter des soins, et à la fois de faire avancer la médecine humaine et vétérinaire.

Étudier le cancer chez le chien apporte ainsi des réponses à des questions demeurant sans réponse malgré les études sur les souris et les humains.


Découverte récente

Les cellules cancéreuses se multiplient, dégénèrent et semblent échapper au phénomène d’apoptose, c’est-à-dire de mort cellulaire. Un moyen a été trouvé pour contourner cette faculté des cellules malignes : T. Fan et P.Hergenrother, un professeur de chimie à l'UIUC, ont mis en évidence un composé appelé procaspase activation composé (ou PAC-1), qui déclencherait cette apoptose de la cellule cancéreuse.

Thunder, un chien atteint d’un ostéosarcome (cancer des os) a été traité par ce médicament à l’essai, en parallèle d’une chimiothérapie. Après plusieurs semaines, deux tumeurs avaient rétréci, alors que les plus grandes étaient restées stables. Le PAC-1 doit encore être étudié, mais il pourrait à l’avenir se révéler efficace, notamment dans le cas de cancer du cerveau qui dispose actuellement de peu de solutions.


L’oncologie comparative peut permettre de combler nos lacunes dans l’étude du cancer chez l’Homme et peut en contrepartie permettre de dresser une liste des mutations génétiques à l’origine des cancers canins. Un objectif commun : mieux soigner la maladie chez l’Homme et l’animal. 



* University of Illinois Urbana-Champaign

Source : ASBMB TODAY - Review of American Society of Biochemistry and Molecular Biology

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