Mode sans fourrure : vous aussi, habillez-vous sans cruauté !

Par Virginie Sowinski, le lundi 12/10/2015 à 08h00

Encore cette année, nombreux sont ceux qui achèteront un manteau pour l’hiver, et qui, sans s’en rendre compte, participeront à la souffrance d’animaux. Nicolas Duhamel, président de l’association Animalter, activement engagée dans la campagne Mode sans fourrure, nous explique l’importance de ce mouvement et nous donne les conseils pour reconnaître la vraie fourrure et ainsi éviter d’en acheter.

150 millions d'animaux meurent chaque année pour leur fourrure. © Otwarte Klatki CC BY 2.0 150 millions d'animaux meurent chaque année pour leur fourrure. © Otwarte Klatki - Flickr - CC BY 2.0 


Chaque année, 150 millions d’animaux sont élevés dans des conditions indignes, puis tués sans égard, seulement pour leur fourrure (sans compter les lapins, qui ne sont pas compris dans les chiffres). Un massacre inutile motivé par les arguments économiques de certaines marques de mode.

Plusieurs associations comme Animalter, One Voice ou L214 se sont donc réunies autour de la campagne Mode sans fourrure, afin d’inciter les marques à éliminer cette matière cruelle de leurs collections. Depuis octobre 2013, des actions sont menées sur plusieurs fronts : sensibilisation des passants sur le terrain avec stands d’informations et signature de courriers envoyés aux marques, cyberactions, négociations avec les PDG des marques ciblées.

« Quand on sensibilise les gens dans la rue, certains ne pensent même pas qu’au XXIe siècle on tue encore des animaux pour leur fourrure. De fait, ils ne font pas forcément le rapprochement entre l’animal et les poils sur leur capuche, qu'ils pensent inconsciemment synthétiques. Quant aux chefs d’entreprise avec qui j'échange, ils prétendent souvent connaître l'envers du décor, mais se retranchent derrière l'argument économique et des normes de bien-être qui pourtant sont bien loin des images effroyables révélées lors des enquêtes. Une réalité qu’ils n’ont probablement jamais regardée et qu’ils refusent de voir : nous sommes là pour pallier ce manque et leur ouvrir les yeux, pour qu'il aient un déclic de compassion et d'éthique. », confie Nicolas Duhamel, président de l’association Animalter.


Le mouvement rassemble également des personnages publics comme Laurent Baffie, Laurence Parisot, Matthieu Ricard, Michel Drucker ou encore Sophie Tapie, 62e personnalité à avoir rejoint le mouvement. Objectif à atteindre : 100 personnes connues. Un nombre important qui aiderait à mobiliser un peu plus l’opinion publique autour de cette cause.

« Le grand espoir dans l’abolition de la fourrure animale réside dans le synthétique. Les marques ne sont pas prêtes à se passer de l'effet « peau de bête », c'est pourquoi les alternatives synthétiques haut-de-gamme sont la solution idéale. De plus, une récente étude hollandaise a mis en évidence l’avantage écologique de la fausse fourrure. En 2015, au regard des nombreuses références disponibles, avoir recours à la fourrure animale relève soit de la pure ignorance, soit de la pure cruauté », poursuit Nicolas Duhamel.


C’est en partie pour cela que certaines marques, à l’instar d’Aigle ou Kookaï ont accepté d’abandonner la vraie fourrure en faveur de la fausse. Des victoires qui confortent les associations partenaires de la campagne dans leur combat.

« La fourrure est entourée de mythes pour tenter d’excuser l’inexcusable. Certains pensent que leur consommation de viande rend légitime l’utilisation de la fourrure. À cela, je réponds non ! Il n’y a aucun lien entre l’industrie de la viande et l’industrie de la fourrure, car les animaux qui sont tués pour leur fourrure ne sont pas consommés. Seul le lapin pourrait être l’exception, mais on ne peut pas cautionner, vu les conditions abominables dans lesquelles ils sont élevés. », détaille Nicolas Duhamel.

© Otwarte Klatki - Flickr - CC BY 2.0 © Otwarte Klatki - Flickr - CC BY 2.0 


Comment différencier la vraie de la fausse fourrure ?

Après avoir eu les retours positifs d’Aigle, Napapijri et Kookaï sur le retrait de la fourrure de leurs collections, le mouvement Mode sans fourrure demande à IKKS de considérer la question et de rejoindre la liste des marques n’utilisant pas de fourrure. Les négociations sont en cours.


Un manteau vous intéresse, mais vous ne savez pas s’il s’agit de vraie ou de fausse fourrure ? Voici des pistes pour vous aider à y voir plus clair :

- La fausse fourrure est généralement plus rêche, moins aérienne et fait des paquets.

- Quand on écarte les poils, on constate qu’ils sont piqués sur du tissu alors que la vraie fourrure est piquée sur du cuir.

- En soufflant sur la vraie fourrure, les poils s‘éparpillent très facilement, laissant apparaître un fin duvet.

Solution ultime qui ne laisse pas de place au doute : le test du briquet. En arrachant un poil et en le brûlant, l’odeur se rapproche de celle du cheveu brûlé pour la vraie fourrure, alors qu’on sent une odeur de plastique pour la fausse.


« Il est grand temps qu'un vent d'éthique s'abatte sur la mode et que cette matière cruelle ne devienne plus qu'un mauvais souvenir. Les animaux ne sont pas nés pour nous habiller, la nature est suffisamment généreuse en matières végétales, soyons imaginatifs et novateurs ! », conclut Nicolas Duhamel.

Pour abolir l’inacceptable, il faut que les marques acceptent d’arrêter la fourrure, et pour les convaincre, le mieux reste encore d’arrêter d’en acheter : chacun a le pouvoir d’ouvrir la voie vers une mode sans cruauté.


Pour montrer votre soutien, vous pouvez aussi apporter votre voix au mouvement Mode sans fourrure en signant la pétition.


Image title

Ces articles pourraient également vous intéresser