Les vétérinaires ont-ils le droit de soutenir la corrida ? Peut-être pas...

Par Virginie Sowinski, le lundi 07/09/2015 à 08h00

La corrida, considérée dans la majeure partie des départements français comme un acte de cruauté, fait débat au sein de l’opinion publique. C’est aussi le cas parmi les vétérinaires. Le Collectif des vétérinaires pour l’abolition de la corrida (Covac) a saisi le Conseil de l’Ordre sur cette question : le fait d’être en faveur de la corrida n’est-il pas contraire au code de déontologie ? L’Ordre va devoir trancher.

Mise à mort d'un taureau de corrida. © Jean-Marc Montegnies / Animaux en PérilMise à mort d'un taureau de corrida. © Jean-Marc Montegnies / Animaux en Péril


Au moment d’embrasser la profession, les jeunes vétérinaires prêtent serment et promettent de suivre une ligne de conduite, le code de déontologie. Ainsi, « [ils] promet[tent] et [ils] jure[nt] devant le Conseil de l'Ordre des Vétérinaires de conformer [leur] conduite professionnelle aux règles prescrites par le code de déontologie et d'en observer en toute circonstance les principes de correction et de droiture. »*

Or, l’alinéa 5 de l’article 242-48 du code de déontologie précise que « lorsqu’il se trouve en présence ou est informé d’un animal malade ou blessé, qui est en péril, d’une espèce pour laquelle il possède les compétences [...], il s’efforce, dans la limite de ses possibilités, d’atténuer la souffrance de l’animal et de recueillir l’accord du demandeur sur des soins appropriés [...] ». Une conduite qui, pour le Covac, n’est pas compatible avec une complaisance envers la corrida. Ainsi, un vétérinaire qui serait favorable à la corrida « porterait préjudice à l’image de la profession »**, là où il se doit « d'avoir à tout moment et en tout lieu le souci constant de la dignité et de l'honneur de la profession »*.


Alors, un vétérinaire favorable à la corrida est-il en défaut vis-à-vis du code de déontologie ? Le Conseil de l’ordre a accepté d’étudier la question et devrait rendre publique sa prise de position, dès 2016.

Une décision qui pourrait avoir des conséquences sur la corrida, l’article 32 du règlement taurin de l’Union des villes taurines de France (UVTF) prévoyant « la présence obligatoire d’au moins un vétérinaire pour tout spectacle taurin sanglant »**.



* Extrait du serment de Bourgelat, le serment des vétérinaires.

** Dans une lettre du Covac au Président du Conseil de l’Ordre.


Source : Covac / La Semaine Vétérinaire