Poussins broyés vivants : à quand une nouvelle législation en France ?

Par Virginie Sowinski, le samedi 29/08/2015 à 08h00

Connaissez-vous la face cachée de l’industrie des œufs ? 50 millions de poussins mâles sont broyés vivants chaque année. C’est en France et c’est légal. Pourtant, une solution existe et sera mise en place en Allemagne dès 2016. Alors que la France a accordé à l’animal le statut d’être sensible, des avancées sont encore nécessaires sur le terrain.


Pour faire un œuf, il faut une poule et non un coq. C’est sur ce postulat simple que le tri est fait dans les usines entre les femelles qui serviront de poules pondeuses et les mâles qui, sans utilité pour l’Homme, seront illico broyés vivants, gazés ou asphyxiés dans des sacs-poubelle. Toutes les industries sont concernées, y compris le plein air et le biologique. Des conditions inacceptables pour un animal reconnu comme sensible depuis janvier 2015.

Attention, cette vidéo peut choquer les personnes sensibles. © L214 - Youtube


Face à la médiatisation de ce procédé, 36 parlementaires français se sont réunis derrière l’ancien ministre et député Frédéric Lefebvre pour le dénoncer auprès de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. « Cette pratique constitue une dérive de l'industrie avicole, incompatible avec les principes d'une société qui reconnaît le caractère sensible de l'animal » a-t-il précisé. Le 18 août, le ministère a répondu en reconnaissant comme valide le broyage de poussins, conformément au règlement européen en matière de protection animale, mais précise que d’autres moyens sont en cours d’étude. C’est le cas notamment du sexage avant éclosion qui permettrait d’éliminer les œufs porteurs d’embryons mâles.


Une technique prometteuse déjà validée par l’Allemagne qui prévoit de l’utiliser dès 2016 et d’interdire complètement le broyage de poussins vivants dès 2017. La voie est ouverte, il ne reste plus à la France qu’à la suivre.


Vous aussi, exprimez-vous contre le broyage des poussins vivants en signant la pétition.


Source : L214 / Le Monde / Assemblée nationale