Consultation publique : la LPO lance un appel pour protéger les oies sauvages d'une prolongation de la chasse

Par Virginie Sowinski, le dimanche 13/01/2019 à 18h00

La LPO lance un appel au grand public pour prendre position en faveur des oies sauvages. En effet, un nouvel arrêté pourrait bien ouvrir la chasse pendant leur période de migration. Pour recueillir l’avis de la population à ce sujet, une consultation publique est ouverte jusqu’au 24 janvier. Tout le monde peut s’y exprimer.

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Normalement, les directives européennes protègent les oies sauvages d’une chasse pendant qu’elles migrent vers leur lieu de nidification : la chasse ferme donc fin janvier. Cependant, la France n’entend pas respecter cette contrainte, malgré un rappel par la Cour de justice de l’Union européenne en 2003 et du Commissaire européen Karmenu Vella en 2015.


Pour le Ministère de la transition écologique et solidaire, ces oies causeraient des dégâts aux cultures néerlandaises. Une excuse pour proposer un arrêté permettant d’abattre 5000 oies cendrées jusqu’au 28 février et des oies rieuses et des moissons sans limites de nombre jusqu’au 10 février.

Une prolongation de la période de chasse, dont le respect des quotas serait contrôlé par les chasseurs eux-mêmes sur le terrain, grâce à une application smartphone. Et alors que les chasseurs pourront indiquer sur leur téléphone le nombre d’oies cendrées tuées, rien ne permettra d’évaluer l’impact sur les populations d’oies rieuses et d’oies des moissons.

La question se pose alors sur le rôle attribué aux fédérations de chasse et qui devrait relever des services de l’État pour plus de transparence.


Prolongation de la chasse à l’oie cendrée : un non-sens

La chasse prolongée des oies cendrées est expliquée par la volonté de diminuer le nombre d’animaux causant des dégâts sur les cultures d’un pays voisin, les Pays-Bas. Or, les populations d’oies cendrées sont bien définies et celles qui se situent chez nos voisins néerlandais sont sédentaires. Les oies cendrées qui passent par la France, elles, viennent de Suède et de Norvège.
Cela signifie que l’argument pour lequel cette chasse est prolongée en France représente un non-sens et l’arrêté violerait la directive européenne dite « Oiseaux » s’il était mis en place.


Que faire ?

L’arrêté ministériel n’est encore qu’en projet et il est soumis à une consultation publique. La LPO vous invite à vous exprimer pour protéger ces espèces d’oies, en laissant votre message sur la consultation publique dédiée (voir lien ci-dessous) en commençant par « je suis opposé à ».


Consultation publique - Prélèvement d'oies en février 2019


Source : LPO

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