60 Millions de consommateurs fait des révélations sur l'élevage pour la grande distribution

Par Virginie Sowinski, le mercredi 07/11/2018 à 17h00

Dans son dernier hors-série, 60 millions de consommateurs rassemble tous les éléments sur le sujet du bien-être animal : Histoire, mouvements philosophiques, combats associatifs, etc. Le magazine pointe aussi du doigt les mauvaises pratiques de l’industrie agro-alimentaire en matière de bien-être animal et les améliorations en cours de certains de ses acteurs.


Résultat : pour le magazine 60 millions de consommateurs, « beaucoup se contentent de belles déclarations » quand les avancées réelles de ceux qui affichent de la bonne volonté sont encore trop timides.

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L’élevage porcin

Comment ça se passe en général ?

95 % des porcs français sont dans des élevages intensifs, surpeuplés, sans sorties, sans litière, où les truies sont entravées. Les queues et les dents des porcelets sont coupées à vif lors d'une même intervention. Parfois, la castration (toujours à vif) est également réalisée au même moment. 


En progrès, mais peut mieux faire

Les porcs fournissant la marque Reflets de France, chez Carrefour, sont élevés en plein air et les magasins Cora, en Alsace uniquement, vendent des produits issus de l’élevage de Thierry Schweitzer (les truies ne sont pas immobilisées et gardent leurs petits, sur paille, bâtiment ouvert, espace pour se déplacer). En France, seuls 5 % des porcs sont sur de la paille ou en extérieur.


« À moins que les mentions “bio” ou “plein air” ne soient clairement indiquées, la viande de porc, le jambon ou la saucisse utilisés seront très certainement issus de cochons élevés en système intensif. » indique l'association CIWF (Compassion in World Farming)


Les veaux, si les consommateurs savaient…

Comment ça se passe en général ?

60 millions de consommateurs explique que la couleur blanche de la viande qui plaît tant au consommateur est obtenue en anémiant le veau (carence en fer) et en l’empêchant d’avoir une activité physique. Séparés tôt de leur mère après leur naissance, les petits sont transportés dès leurs 2e semaine de vie et sont enfermés dans des cases individuelles durant leurs 8 premières semaines. Les animaux sont souvent sur caillebotis, en bâtiment et leur mortalité est très élevée.


En progrès, mais peut mieux faire

Dans les élevages fournissant les marques du Groupe Carrefour, les veaux sont sur paille et vivent à plusieurs, l’aération et l’hygrométrie sont mesurées pour améliorer leur confort. Certains des élevages du Groupe proposent des tétines artificielles. Ils sont tout de même séparés de leur mère.


Les vaches laitières

Comment ça se passe en général ?

Grâce notamment au combat des associations de protection animale, seuls 7 % des vaches en France n’ont jamais accès aux pâturages, mais ce chiffre est, hélas, en augmentation. Par ailleurs, les vaches produisent deux fois plus de lait qu’il y a 50 ans et cela a des conséquences :  leur durée de vie est écourtée, elles boitent et ont des difficultés à marcher. Elles souffrent aussi de mammite qui est une affection des mamelles si récurrente que l’Union européenne a fixé une tolérance de 400.000 cellules somatiques, c’est-à-dire de pus, par millilitre de lait.
De plus, elles sont inséminées à répétition pour pouvoir produire du lait en permanence et leurs petits leur sont retirés peu après la naissance, pour qu'ils ne puissent pas consommer le lait produit.


En progrès, mais peut mieux faire

Les éleveurs fournissant les marques Monoprix et C’est Qui le Patron s’engagent à ce que leurs vaches soient en pâture de 90 à 180 jours par an. La marque Pâturages, des Mousquetaires, déploie également ce système auprès de ses éleveurs. Le déploiement s’effectuera d’ici 2023 et 540 élevages sont d’ores et déjà concernés. Chez Candia, seuls 2 % des élevages sont touchés par ces mesures pour le bien-être des vaches.


Les lapins, les grands oubliés

Comment ça se passe en général ?

Si l’Europe a interdit les cages pour les poules pondeuses, elle a oublié les lapins qui continuent de « vivre » dans un espace de la taille d’une feuille A4. Ils ne peuvent pas se redresser, se déplacer et le grillage sous leurs pattes leur cause des plaies. La quantité d’antibiotiques qui leur est donnée est particulièrement importante par rapport aux autres animaux d’élevage.


En progrès, mais peut mieux faire

Pas vraiment de progrès, mais Carrefour, Monoprix ou Système U se sont engagés à ne s’approvisionner qu’en lapins issus d’élevage hors cage (enclos, parc) d’ici 2022, pour leur marque distributeur.


Poules, chevreaux, etc., bien d’autres aspects de l’élevage sont passés au crible, mais pas seulement. 60 millions de consommateurs lève le voile sur ce qui se cache derrière les assiettes, d’un point de vue neutre en interviewant également des éleveurs et en abordant la problématique des abattoirs, régulièrement au cœur de scandales. Un numéro très intéressant pour faire un point complet sur la situation et faire ses choix en conscience. Car, si certains peuvent décider de changer radicalement leur mode de consommation, d’autres pourront encore choisir les acteurs qui font des efforts. Tant de comportements qui pourraient pousser le monde de la grande distribution à généraliser des pratiques plus éthiques envers les animaux d’élevage.



Source : 

Image titleHors série n° 127S de novembre 2018. Cliquez sur l'image pour accéder au site de 60 millions de consommateurs. 

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