Chasse : ce que veulent vraiment les Français

Par Virginie Sowinski, le jeudi 11/10/2018 à 18h00

L’association One Voice a mandaté la société de sondage Ipsos pour connaître l’avis des Français sur la chasse, alors que de nombreuses mesures récentes ont été prises en faveur de cette activité.


 11 nouveaux arrêtés ministériels viennent autoriser le piégeage des oiseaux. Dans notre société démocratique, il apparaît pourtant que plus de 84 % des Français y sont opposés. De même que si le permis de chasse a baissé en prix, les trois quarts de la population désapprouvent cette décision. 

Plusieurs raisons rendent les Français réfractaires à la chasse.

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La chasse, source d’insécurité pour la population

Sur la saison 2017/2018, la chasse a fait 103 blessés et 13 morts, sans compter les animaux domestiques.

Sur les deux derniers mois, une famille a été prise pour cible, une enfant a été grièvement blessée, un flamand rose, espèce protégée, a été criblé de balles, un tir pour sanglier a traversé une maison, un chien de promeneur a été abattu volontairement de deux balles : les Français ont peur pour eux, pour leur famille, pour leurs animaux domestiques. 

Ils sont ainsi 82 % à souhaiter l’interdiction de la chasse le dimanche, un second jour de la semaine et toutes les vacances scolaires. De plus, 93 % pensent qu’il serait nécessaire d’instaurer une visite médicale annuelle obligatoire pour limiter les risques d’accident, conséquences d’une vue altérée.

« 84 % des Français pensent que la chasse représente un danger pour leur propre sécurité »


Des chiffres en progression

En 2010, 79 % des sondés étaient opposés à la chasse à courre. 8 ans plus tard, ils sont 82 % à émettre cette opinion. Quant à la vénerie, pratique méconnue qui consiste à traquer l’animal (adulte comme petit) dans son terrier, ils sont 83 % des Français à souhaiter son interdiction.

Par ailleurs, la majorité de la population pensait que certaines dispositions de protection de la faune sauvage étaient prises dans les parcs nationaux et réserves naturelles, pour les espèces en « mauvais état de conservation », ainsi qu’en période de reproduction. Or ce n’est pas le cas. Ils sont donc 88 % à vouloir que les réserves et parcs nationaux soient des réserves de chasse, 83 % à proposer d’épargner les espèces en danger, et 91 % sont en faveur de l’interdiction de la chasse lors des périodes de reproduction.

Enfin, seuls 19 % des Français sont favorables à la chasse. Un point de vue loin de représenter la majorité de la population française.


Une volonté de réforme de la chasse

Samedi 13 octobre à 14 h, place de la République à Paris, aura lieu une grande marche unitaire pour réformer en profondeur la chasse en France. Plus de quarante associations de défense des animaux et de la nature y seront présentes, dont One Voice, l’ASPAS, la Fondation Brigitte Bardot, le Collectif Animalier 06, L214, l’Alliance Anticorrida, l’OABA, Animal Justice et Droit et bien d'autres.


One Voice a lancé une pétition pour une réforme en profondeur de la chasse, actuellement signée par plus de 132.000 personnes. L’association réclame notamment :

  • - L’indépendance de la police de la chasse.
  • - L’interdiction de chasser les espèces en mauvais état de conservation.
  • - L’interdiction de chasser en périodes de reproduction ;
  • - L’interdiction des pièges tuants.
  • - La fin des chasses dites " traditionnelles " (glu, lèques, lacs, pentes, tendelles...).
  • - L’abolition de la vènerie sous terre pour toutes les espèces.
  • - L’abolition de la chasse à courre pour toutes les espèces.
  • - L’abolition de la chasse dans les espaces protégés (parcs Nationaux, Réserves naturelles, réserves biologiques).
  • - 2 jours par semaine sans chasse ni piégeage (dont le dimanche) et l'intégralité des vacances scolaires.
  • - La visite médicale annuelle obligatoire pour le permis de la chasse avec contrôle de la vue. 




Dans un pays démocratique, la majorité de la population aimerait une réforme en profondeur de la chasse. Loin des lobbies, il s’agit maintenant de respecter la voix du peuple. À ce dernier donc de se faire entendre, par voie de pétition et dans la rue dès le samedi 13 octobre.

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