En vidéo - Quand une orque décide de voler un bateau

Par Marie Mercier, le mardi 24/07/2018 à 08h00

C’est un vol peu ordinaire qu’a subi un couple canadien dans le port de plaisance de Comox Valley, fin juillet 2018. Alors qu’ils s’apprêtaient à rejoindre leur voilier au port, ils se sont aperçus que ce dernier n’était plus à quai. Plus surprenant encore, le voleur n’était autre qu’une orque. Une manifestation originale qui montre une nouvelle fois la complexité de ces animaux, dont l’espace et la richesse du milieu sont nécessaires à leur bien-être.

Imaginez-vous partir faire une course, revenir à votre place de parking et ne plus trouver votre véhicule. C’est un peu le sentiment qu’ont dû ressentir Kendra et Dan Campbell, un couple originaire du Canada, quand ils se sont rendu compte de la disparition de leur bateau, qu’ils venaient juste de finir de payer. Assaillis par les interrogations, ce n’est qu’en apercevant leur voilier au loin qu’ils ont compris que leur bateau avait été subtilisé…par une orque du nom de T73B ! Ses exploits en vidéo :


Crédits : Small Giant (Youtube)


Mais qui est l’orque voleuse de bateau, T73B ?

T73B en Alsaka - Crédit photo ELAINE THOMPSON/ FILE PHOTO / AP


T73B est une orque mâle solitaire de 27 ans, connue pour ses comportements « excentriques », selon les océanographes locaux, et notamment dans le port de Comox Valley où il avait choisi de venir chasser quelque temps au grand plaisir des plaisanciers. Visiblement en forme ce jour-là, T73B a eu la bonne idée d’attraper la ligne d’ancrage et de « promener » le voilier des Campbell à travers le port, ne se gênant pas pour heurter d’autres bateaux au passage avec son « nouveau jouet ».


T73B en Alsaka - Crédit photo ELAINE THOMPSON/ FILE PHOTO / AP



Les orques jouent et éprouvent des sentiments

Le jeu fait partie intégrante de l’activité des orques et reste vital, au même titre que la chasse et le sommeil. Les faits ont rarement été immortalisés à l’image par l’Homme à l’état sauvage, mais les orques aiment particulièrement interagir avec leur environnement. Elles font partie des cétacés les plus curieux et ont tendance à facilement manipuler les objets des fonds marins.

Et si l’on doutait encore que ces animaux étaient dotés de sentiments, on pourra retenir le triste cas de Tahlequah (aussi connue sous le nom de J35). Cette orque de 30 ans, dont le bébé est décédé le 24 juillet 2018, continue de porter son corps à travers les océans (sur plus de 300 km à ce jour). À l’état naturel, elle utilise cette habileté maintes fois acclamée par les touristes dans les parcs aquatiques, pour charrier sur le bout de son nez le corps de son défunt bébé, l’empêchant ainsi de sombrer. 

J35 portant son petit décédé - Crédit photo Taylor Shedd/Soundwatch

Tahlequah portant son petit décédé - Crédit photo Taylor Shedd/Soundwatch


Les orques chassent, se déplacent sur de longues distances, expriment leur deuil ou encore déplacent des bateaux par jeu : tant de manifestations de besoins et sentiments complexes qui nécessitent de grands espaces naturels. Des exemples qui viennent contredire les conditions des animaux de parcs, très largement entravés physiquement et mentalement et demeurant dans l’incapacité d’exprimer leurs sentiments et leurs besoins physiologiques.




Sources : 

https://www.npr.org

https://www.thestar.com

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