Des chevaux mustangs bientôt vendus pour leur viande ?

Par Virginie Sowinski, le vendredi 03/11/2017 à 17h55

Après plusieurs reports, le Sénat américain devrait délibérer prochainement sur une proposition d’amendement autorisant la vente des mustangs à d’autres pays, « sans limite », c’est-à-dire en autorisant leur abattage. Une loi qui pourrait bien conduire des milliers de chevaux et d’ânes sauvages vers des abattoirs étrangers*, à partir de 2018.

Des chevaux mustangs bientôt vendus pour leur viande ?


Actuellement, 59.000 mustangs et ânes sauvages vivent en liberté sur 103.600 kilomètres carrés de terres publiques, contre 26.600 individus autorisés par le Bureau of Land Management (BLM)**. Sur ces aires de pâturage, ils doivent faire face à la concurrence des éleveurs et de leur bétail.

Entre la pression des élevages, les quotas fixés par le gouvernement et les dépenses liées à la gestion des troupeaux, le statut des équidés sauvages aux États-Unis est sur le point de changer.

Après avoir été protégés pendant 46 ans par le Wild and Free-Roaming Horses and Burros Act de 1971, les chevaux sauvages pourraient être mis en danger par la proposition d’amendement sur la vente des mustangs à l’étranger, y compris pour la filière viande. Alors que 75 % des Américains sont opposés à leur abattage et que les associations de protection animale se dressent contre cette mesure, le gouvernement y voit de son côté une économie de 10 millions de dollars.

Quand un cheval est trop vieux pour se reproduire, trop vieux pour être monté ou qu’il coûte trop cher en nourriture, il doit être éliminé », Ryan Zinke, Secrétaire de l’Intérieur sous le gouvernement Trump.


Une loi pour « réguler » le nombre de chevaux sauvages

Si ces animaux sauvages représentent un coût, c’est surtout la gestion de leur nombre qui en est la cause. En effet, alors que les associations de protection animale exhortent le BLM à utiliser la contraception pour réguler les populations, rien n’est fait en ce sens. La population de mustangs double tous les 4 ans et les chevaux « en excédent » sont capturés violemment pour être ensuite proposés à l’adoption. Ceux qui ne trouvent pas de foyer après 3 annonces sont confinés dans des enclos où ils finissent leurs jours. C’est à l’heure actuelle le cas pour 45.000 chevaux dont il faut payer la nourriture et l’entretien. Un chiffre en constante augmentation : chaque année, entre 6.000 et 9.000 équidés sont capturés, et seuls 3.000 d’entre eux sont adoptés.


Ce nouvel amendement viendrait désengorger les structures de l’État pour y entasser de nouveaux animaux. Entre les chevaux déjà captifs et ceux qui devraient l'être, près de 90.000 équidés seraient alors concernés par cette loi et risqueraient d’être abattus. Alors que la gestion pourrait être efficace avec un simple contrôle de la fertilité, ces mesures drastiques mettraient en péril la pérennité de l’espèce, selon Suzanne Roy, directrice de l’American Wild Horse Campaign. Un désastre pour le vivant et pour le patrimoine des États-Unis, une aubaine pour ceux qui ne voient en ces chevaux qu’une perte financière.


Pour aider les chevaux et ânes sauvages, merci de signer la pétition ici.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l'Association Chevaux Mustang.



* Nota Bene : l'abattage des chevaux est interdit sur le sol américain. 

** Organisme lié à l'Intérieur et en charge de la gestion des terres publiques.


Sources :

CBS News/Association Chevaux Mustangs/Documentaire "Unbranded" - Ushuaïa TV / American Wild Horse Campaign

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