Victoire ! Vers la fin de la captivité des cétacés ?

Par Virginie Sowinski, le dimanche 07/05/2017 à 14h00

Tous les weekends, des manifestants se donnent rendez-vous devant le Marineland d’Antibes pour dénoncer la captivité et l’exploitation des mammifères marins, jugées contre nature. Samedi 6 mai 2017, ces militants avaient une victoire à fêter : la publication d’un arrêté interministériel qui pourrait, à terme, leur donner raison.

Dauphins, orques, vers l'interdiction des cétacés en captivité

C’est une bonne nouvelle et une grande surprise. Contre toute attente, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a apporté une modification à l’Arrêté sur les « règles de fonctionnement des établissements détenant des cétacés », publié le 6 mai au Journal officiel. Un changement de dernière minute grâce auquel, « la reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France est désormais interdite. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l'être, sans ouvrir à de nouvelles naissances. »

La publication de cette nouvelle disposition est d’autant plus surprenante qu’elle n’était pas prévue. Durant des mois, les représentants du gouvernement, des parcs, des associations et du muséum d’histoire naturelle se sont concertés pour mettre au point des mesures visant à améliorer le bien-être des animaux : agrandissement des bassins, interdiction du chlore, enrichissement de l’environnement pour éviter l’ennui, etc. La fin de la reproduction des orques avait été évoquée, mais pas celle des dauphins. Aucun des partis n’était donc au courant de la tournure finale de ces négociations.

Si les associations de protection animale se montrent enthousiastes, les parcs d’attraction n’apprécient pas la décision et ont décidé de faire le strict minimum pour assurer le bien-être des animaux qu’ils détiennent (pas de gros investissements). Un recours en justice serait également envisagé.


Militants et sympathisants de la protection des cétacés savent au fond d’eux que si cet arrêté interministériel est une avancée de taille, rien n’est acquis. Les représentants des delphinariums ne laisseront pas s’éteindre sans revendication leur source de profit et risquent d’attaquer ces nouvelles décisions pour conserver leurs droits. Et puis, s’il ne devrait pas y avoir de nouveaux dauphins et orques dans les parcs à l’avenir, le présent est bien différent. Dans 4 établissements de l’hexagone, des mammifères marins continuent d’être exploités et il ne faut pas les oublier.


Source : Le Monde