Faut-il choisir le box ou le pré pour son cheval ?

Par Virginie Sowinski, le mercredi 27/05/2015 à 15h07

Vous aimez votre cheval et, bien entendu, vous souhaitez ce qu’il y a de mieux pour lui. Très rapidement, les questions se bousculent et le débat fait rage : faut-il favoriser le box où l’animal est enfermé, mais choyé et à l’abri, ou le pré où le cheval a de l’espace, mais où il peut potentiellement se blesser ?

Sans jugement, Soigner-son-animal vous apporte quelques réponses sur l’habitat du cheval, pour vous aider à faire le meilleur choix dans son intérêt.

Chevaux au pré © Soigner son animal© Soigner son animal

Le pré demeure la solution idéale pour le bien-être physique et mental du cheval, tout simplement parce qu’il est l’habitat qui se rapproche le plus de son état naturel. Le cheval est en effet un animal grégaire (qui vit en troupeau) et peut parcourir en moyenne 20 km par jour. La sédentarisation favoriserait ainsi le développement de certaines pathologies, comme les coliques, parfois mortelles, que l’on rencontre peu ou pas chez les individus vivant au pré. Pourquoi ? Parce que la marche favorise le fonctionnement du système digestif. L’habitat au pré diminuerait donc considérablement les risques de coliques.* L'alimentation joue aussi son rôle dans ce processus : à l'état naturel, le cheval, qui a un petit estomac, broute naturellement 70 % de son temps et absorbe des végétaux par petites quantités. Les chevaux au box sont quant à eux souvent rationnés en granulés, ce qui pourrait aussi constituer un facteur favorisant des coliques.

Par ailleurs, les chevaux laissés seuls ou en box développent parfois des tics d'ennui : le tic à l’ours et le tic à l’air. Des troubles du comportement que l'on ne rencontre pas chez l'animal vivant au pré et en troupeau et qui auraient en plus une incidence supplémentaire sur les coliques. **

Il serait donc bénéfique pour le bien-être mental et physique du cheval d’être mis au pré, idéalement avec au moins un congénère.


Chevaux au galop au pré.  © Marie Mercier

Le cheval est un animal grégaire qui parcourt en moyenne 20 km par jour. © Marie Mercier


Éviter les blessures au pré

L’inquiétude majeure du propriétaire quand il est question de laisser son cheval au pré est le risque de blessures. Il est important d’avoir un regard objectif sur ces dernières : quelques touffes de poils en moins lors de jeux ou de mise en place de la hiérarchie sont bien moins néfastes qu’un animal isolé. Par contre, si les autres chevaux empêchent un autre d’accéder à l’eau, à la nourriture, ou si le cheval est attaqué et que cela occasionne des plaies, alors un changement de troupeau doit être envisagé. Comme pour un enfant, on ne peut pas l’empêcher de jouer et de se faire mal. Si par contre il est le souffre-douleur de la bande, il convient d’intervenir.

Pour limiter les risques de blessure, il est préférable de déferrer les chevaux vivant en groupe et au pré, au moins des postérieurs.



Les bienfaits du box

Si le box n'est pas un mode d'hébergement idéal pour le quotidien du cheval, il peut avoir ses avantages, notamment pour la quarantaine d'un nouvel arrivant ou lors de maladies contagieuses. Les chevaux ne pouvant pas avoir de contact entre eux, les risques de diffusion des maladies sont limités.

De plus, la mise au box peut être indiquée pour un cheval malade, nécessitant des soins, du repos ou une immobilisation.


Et si vous devez mettre votre cheval au box ?

Les zones urbaines, notamment, laissent peu de choix au propriétaire, et l’animal vit souvent en box. Si vous n’avez pas le choix, ou que vous préférez mettre votre cheval en box, veillez à lui assurer des sorties quotidiennes. Sans parler de « travail » (là encore, il semblerait que les chevaux suivant un entraînement soient plus sujets aux coliques qu’un animal laissé en retraite au pré***), lâchez-le une heure en carrière pour qu’il se détende à son rythme, faites-le marcher, brouter en main, etc.

Sachez enfin qu’un animal soumis à des exercices physiques réguliers, puis laissé immobile en box une journée peut souffrir de myosite.








*« Equine colic risk assessment on horse farms : a prospective study », Tinker-MK ; White-NA ; Lessard-P ; Thatcher-CD ; Pelzer-KD ; Davis-B ; Carmel-DK., USA, 1993

**« Management and horse-level risk factors for recurrent colic in the UK general equine practice population », Scantlebury CE1, Archer DC, Proudman CJ, Pinchbeck GL, Equine Vet J. 2015

*** « Prospective study of equine colic incidence and mortality », Tinker MK1, White NA, Lessard P, Thatcher CD, Pelzer KD, Davis B, Carmel DK, Equine Vet J. 1997 Nov;29(6):448-53.

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