Suivi de cas : soigner son cheval atteint de lymphangite

Par Marie Mercier, le mardi 04/08/2015 à 08h00

Lymphangite - © Marie MERCIER

Les lymphangites sont des réactions à une infection qui se traduisent par une inflammation et un engorgement du membre concerné. Nous avons suivi un cas de lymphangite chez le cheval : une expérience et un protocole qui pourront peut-être servir d'exemples à d'autres propriétaires.


Origines possibles du mal

Les lymphangites les plus courantes sont dues à des plaies plus ou moins importantes qui ont laissé une porte d’entrée à certains germes. Ces derniers vont entraîner une réaction du système lymphatique par une inflammation des vaisseaux et des ganglions lymphatiques : c’est l’adénite. 


Symptômes observés

Le cheval a un ou plusieurs membres atteints. Il peine à se déplacer à cause d’un engorgement très important du membre. Dans des cas comme celui présenté ici, le membre entier n’est plus mobile, les articulations ne sont plus visibles et l’ensemble ressemble à une patte d’éléphant. La peau est tendue, parfois douloureuse au toucher. L’ensemble est dur et, dans certains cas, un liquide semble suinter au travers de certaines zones du membre, le rendant poisseux. Ces écoulements peuvent avoir une légère odeur de pus (lymphangite à abcès), et sèchent rapidement en se collant fortement au poil, formant des croûtes de surface et rendant le nettoyage laborieux. Engorgements et suintements dû à une lymphangite - © Marie MERCIER

État du cheval

L’état du cheval varie selon les cas. Pour ce cheval, l’énergie était conservée malgré un peu de fièvre. Le comportement était changé : sans trop savoir ce qui lui arrivait, il cherchait le contact auprès des humains et continuait de se déplacer en claudiquant sur « trois pattes ».

Peuvent s’ajouter à la boiterie et la fièvre, une perte d’appétit et une apathie.


Démarche suivie en attendant le vétérinaire

- Nous avons bien observé le membre et cherché la plaie, même bénigne. Dans le cas décrit ici, le cheval s’était roulé dans un buisson d’épines noires, l’aiguille de 2 cm restée dans le membre avait laissé une plaie pas plus grande qu’une piqûre de taon !
- Nous avons fait le tour du lieu de vie du cheval afin d’écarter tout danger. Le buisson incriminé a été retiré du pré, le danger aurait pu être plus important si l’aiguille était rentrée dans l’articulation (arthrite septique).
- Nous avons douché le membre afin de réduire la phase inflammatoire par des aller-retour d’eau sous pression. L’eau ne doit pas être trop froide.
- Nous avons nettoyé les écoulements émanant du membre. Dans notre cas, ils ne venaient pas de la plaie, mais de différents endroits à travers la peau.
- Nous avons limité la marche du cheval.

Lymphangite - © Marie MERCIER

Certaines lymphangites peuvent être uniquement dues à une mauvaise gestion du travail du cheval après un repos prolongé. C’est ce que l’on englobe dans la « maladie du lundi » qui est une maladie multifactorielle (effort trop intense sur le cheval, alimentation trop riche, etc.) qui peut générer l’apparition de lymphangite bénigne. Dans ce cas, les lymphangites peuvent disparaître d’elles-mêmes, mais on peut prodiguer certains soins pour aider le cheval :

  • - Doucher le membre (pour réactiver la circulation).
  • - Argiler le membre avec de l’argile 100% naturelle (pour aider à drainer).
  • - Limiter la prise d’aliments en ne donnant que du fourrage et pas de ration complète.
  • - Administrer des produits naturels drainants pour chevaux.
  • - Garder le cheval mobile en paddock ou au pré.


Soins vétérinaires

Le protocole est propre à chaque vétérinaire, mais dans ce cas précis, voici les actions mises en place :

  • Prise de température.
  • Administration d’antibiotiques (afin de contenir les germes responsables de la réaction inflammatoire).
  • Administration d’anti-inflammatoires (afin de faire disparaître l’engorgement du membre).
  • Tonte complète du membre (afin de nettoyer au mieux et de mettre à jour toutes les plaies).
  • Nettoyage complet du membre avec un produit antiseptique.
  • Pansement compressif (pansement à plusieurs couches absorbantes qui maintient le membre, imbibé d’alcool ou de javel). 

  • Les injections étaient quotidiennes et le pansement n’a été renouvelé qu’une fois. La lymphangite a disparu complètement au bout de 3 jours : le surlendemain le membre avait presque retrouvé sa forme normale et le cheval marchait déjà bien mieux.


    Pansement de lymphangite - © Marie MERCIERRémission lymphangite - © Marie MERCIER

    Mise en place d'un pansement à base de javel                                                                       Rémission complète du membre 3j après début des soins

    Application d'une crème grasse sur les zones irritées


    Crédit photos Marie MERCIER

    Formation santé vétérinaire ATE 2015 

    Sources

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