Votre chat respire mal : quelle peut en être la cause ?

Par Virginie Sowinski, le jeudi 19/09/2019 à 18h00

Des difficultés respiratoires chez le chat ou une toux peuvent généralement avoir deux origines distinctes : les vers du cœur ou l’asthme. Si les signes de ces maladies paraissent similaires, les risques sur le long terme et la prise en charge thérapeutique diffèrent.

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Les vers du cœur

Si c’est une affection plus fréquente chez le chien, les chats peuvent aussi être infestés par ce que l’on appelle « les vers du cœur ». Transmis par le moustique à un stade précoce de développement, les larves se développent en sous-cutané et migrent ensuite vers les artères pulmonaires, environ 3 mois après l’inoculation. Le système immunitaire du chat vient généralement à bout des jeunes larves et s’il n’y a pas de nouvelle infestation, les troubles occasionnés par la mort des parasites s’estompent à partir de 6-8 mois avec une réversibilité des lésions.

Cependant, même si le système immunitaire du chat est efficace, il est important de traiter l’animal. Dans certains cas, les vers immatures deviennent adultes. Ces derniers inhibent le système immunitaire du chat et les symptômes sont moins visibles, car il n’y a plus de réponse immunitaire inflammatoire. Les vers adultes vivent alors en moyenne 4 ans dans leur hôte, mais leur mort entraîne parfois une réponse inflammatoire importante pouvant conduire à une thrombo-embolie. Selon les études, le taux de mortalité serait de 21 % à 47 %, mais un article de recherche portant sur 50 cas de chats infestés par des vers adultes fait l’état d’un taux de survie de seulement 18 %.


L’asthme

L’asthme est une réponse inflammatoire allergique chronique. Sur le long terme, cette maladie peut entraîner des modifications des voies respiratoires et une dégradation de la fonction pulmonaire.



Des vers de Dirofilaria Imminitis retrouvés dans un coeur lors d'une autopsie. ©Paulo Rivera, University of Puerto Rico


Comment savoir s’il s’agit d’asthme ou de vers ?

Les chats souffrant d’asthme ont généralement autour de 4-5 ans lorsqu’il sont amenés chez le vétérinaire pour consultation (les premiers signes apparaissent donc certainement plus jeunes), et certaines races, comme les Siamois, semblent être plus concernées que d’autres.

L’âge du chat peut donc aider à déduire l’origine des difficultés respiratoires. Si les premiers signes apparaissent chez un chat d’âge moyen ou âgé, la théorie des vers peut être favorisée, de même si l’on constate des troubles neurologiques ou une perte de poids associés (non systématiques).

Chez le chat asthmatique, les signes peuvent être épisodiques, dépendant directement du contact avec les allergènes déclencheurs. Ainsi, le propriétaire peut observer des périodes où le chat tousse jusqu’à essayer d’en vomir, respire vite en émettant un bruit respiratoire, ainsi que des moments d’accalmie lors desquels le félin semble aller mieux.

Certains chats asthmatiques sont aussi considérés comme instables. Ces derniers peuvent faire de violentes crises avec une difficulté respiratoire importante : l’animal donne l’impression de pousser en phase expiratoire, il est alors gueule ouverte.

Si les signes se ressemblent, un chat porteur de vers donnera l’impression de pousser pour respirer en phase expiratoire ET lors de l’inspiration. 

De plus, l’hypothèse de l’asthme est particulièrement plausible si le chat est vermifugé régulièrement.



Ces éléments peuvent vous donner des indices sur ce qui peut toucher votre chat quand il tousse ou respire mal. Qu’il s’agisse d’asthme ou de vers, il est impératif de consulter rapidement un vétérinaire et chacune de ces maladies donnera lieu à un traitement.

Pour les chats asthmatiques, en plus de la médication, on évitera certains irritants dans l’environnement (fumée de cigarette, poussières, sprays et parfums, etc.), on cherchera à identifier les allergènes pour les éviter et on se munira de purificateurs d’air.

Pour les chats touchés par les vers, le traitement variera en fonction du degré d’infestation et de la présence ou non de vers adultes. Dans ce dernier cas, une chirurgie peut être envisagée pour retirer les parasites.

Que l’animal soit sain ou infesté, on ne peut que recommander vivement de le vermifuger deux fois par an, pour éviter la maladie ou la surinfection.




Source : Garrity, S., Lee-Fowler, T., & Reinero, C. (2019). Feline asthma and heartworm disease: Clinical features, diagnostics and therapeutics. Journal of Feline Medicine and Surgery, 21(9), 825–834. doi:10.1177/1098612x18823348

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