Vermifuges chez le cheval : des conseils pour une pratique raisonnée

Par Virginie Sowinski, le lundi 16/09/2019 à 15h28

Si la lutte contre le parasitisme interne chez le cheval demeure importante pour sa santé, la vermifugation systématique n’est plus d’actualité. Alors que les vers intestinaux sont de plus en plus résistants aux molécules utilisées, l’heure est au traitement raisonné et personnalisé.

Tous les chevaux ne sont pas infestés de manière égale. On estime ainsi que 20 % des chevaux sont à l’origine de 80 % des contaminations de l’environnement : ce sont les gros excréteurs. Ces chevaux nécessitent alors un traitement antiparasitaire drastique, alors que ceux qui en excrètent peu devraient avoir un suivi plus flexible.

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Comment adapter le programme de vermifuges chez mon cheval ?

Pour savoir comment vermifuger son cheval, il faut savoir si son niveau d’infestation est élevé ou non. S’il est impossible d’éliminer tous les parasites de l’organisme d’un cheval, il est tout à fait envisageable de les limiter. Pour savoir si son cheval est un fort ou un faible excréteur, il convient de pratiquer une coproscopie, c’est-à-dire une analyse des crottins.

En fonction du nombre d’œufs trouvés par gramme d’excréments, il est possible de déterminer le profil de chaque cheval. En fonction des exploitations, on peut se baser sur des seuils de 200 ou 500 œufs par gramme. Au-delà de ces seuils, les chevaux sont considérés comme de gros excréteurs. Pour être sûr du statut d’infestation de son cheval, il est conseillé de faire des coproscopies à trois reprises sur la première année. Les chevaux sont généralement stables dans la durée, qu’ils excrètent peu ou beaucoup de parasites, et seuls 6 % présentent des résultats variables au fil des coproscopies.
Pour ces chevaux-là, la vermifugation devrait toujours dépendre des résultats de coproscopies régulières.  

Pour les animaux dont les résultats sont élevés, une vermifugation 3 fois par an est nécessaire, au printemps, en été et à l’automne. Un faible excréteur pourra quant à lui être vermifugé moins souvent, mais devra tout de même systématiquement prendre un vermifuge en automne, pour éliminer les ténias et les strongles.

Pour connaître l’efficacité des vermifuges, il est aussi possible d’effectuer des coproscopies avant et après l’ingestion du traitement. Toutefois, il est à préciser que certains antihelminthiques comme l'ivermectine ou la moxidectine ne devraient pas être utilisés plus d'une fois tous les 6 mois. 


Comment faire un prélèvement pour une coproscopie ?

Pour faire une analyse de crottin, il est recommandé de ramasser 3 à 4 boules tout juste émises à l’aide d’un sachet retourné ou d’un gant. Après avoir fermé le sachet en faisant sortir l’air, le prélèvement peut être conservé jusqu’à une semaine maximum dans un réfrigérateur à 4°C. Il suffit alors d’identifier l’échantillon (noter le nom du cheval et la date) et de le transmettre à son vétérinaire, idéalement en début de semaine.  


Les vermifuges pour le poulain et la poulinière

Ces questions se posent souvent : quand vermifuger un poulain ? Quels vermifuges pour une poulinière ?

La poulinière est soumise aux mêmes règles précitées pour le cheval adulte, sans condition particulière. Quant au poulain, il pourra être vermifugé à partir de ses 2 mois, à 4 reprises lors de sa première année pour ensuite suivre les mêmes indications qu’un cheval adulte.


Jusqu’à récemment, il était conseillé de vermifuger les chevaux à chaque changement de saison. Aujourd'hui, certains propriétaires le font encore. Pourtant, ces pratiques s'avèrent néfastes sur le long terme, avec une résistance accrue des parasites. Les conseils sont à présent plutôt tournés vers une administration raisonnée des vermifuges chez le cheval et une recherche d’alternatives biologiques.



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