Mon chat vomit des boules de poils, est-ce normal ? Pas toujours…

Par Virginie Sowinski, le jeudi 12/09/2019 à 18h00

Un chat qui vomit des boules de poils est une situation commune, à tel point qu’elle n’inquiète ni les propriétaires ni les vétérinaires. Pourtant, s’il y a peu de recherches effectuées sur ce phénomène, il semblerait que ce ne soit pas anodin pour tous les chats. Explications.


Tous les chats ne sont pas égaux en ce qui concerne les régurgitations de boules de poils. Chez les chats à poils courts par exemple, seuls 10 % vomiraient des boules de poils plus de deux fois par an, alors que deux fois plus de chats à poil long seraient concernés.

Cette manifestation singulière a aussi été étudiée dans les populations de chats errants ou chez les félins sauvages. S’il est plus difficile d’obtenir des données, il semblerait que la majorité des poils ingérés passeraient dans le tractus digestif, sans former boules de poils dans l’estomac.

Ainsi, dans une étude examinant 14 chats post mortem, seuls 29 % présentaient des poils dans l’estomac en petite quantité et un seul animal en avait suffisamment pour occasionner une boule. Quant aux félins sauvages, aucun cas de régurgitation de boules de poils n’aurait été observé chez les individus de zoos.

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Mon chat vomit des boules de poils, dois-je m’inquiéter ?

Tous les chats ingèrent des poils lorsqu’ils se nettoient et il est d’ailleurs normal d’en trouver dans les excréments. Cependant, des vomissements réguliers de boules de poils peuvent être le signe d'un problème sous-jacent.

Le chat peut ainsi avaler plus de poils qu’il n’en devrait lorsqu’il se lèche en excès. Une des raisons les plus fréquentes est l’infestation par les puces, mais une maladie de peau provoquant des démangeaisons peut aussi être en cause. Des vomissements de boules de poils peuvent aussi résulter d’une anxiété ou encore d’une douleur. En effet, ces facteurs peuvent avoir une incidence sur la motilité gastrique.

De plus, pour les chats à poil court notamment, des vomissements de boules de poils ont été notés chez les animaux ayant souffert de maladies gastro-intestinales chroniques.

 

Mon chat vomit des boules de poils : l’intérêt de l’alimentation

Les chats errants et les félins sauvages en captivité semblent ne pas souffrir de régurgitations de boules de poils. Or, les félins de zoos sont nourris avec de la nourriture humide (viande) et les chats errants étudiés étaient nourris en moindre mesure de nourriture industrielle, mais consommaient aussi du poisson cru, de la viande et des saucisses.

Se pourrait-il que l’alimentation puisse être un facteur impliqué dans la régurgitation des boules de poils ?

Il existe des aliments spécifiques pour limiter les vomissements de boules de poils. Plus riches en fibres, ces derniers facilitent la motilité intestinale. L’utilisation de psyllium et d’orme rouge aurait également une incidence sur les nausées.

Les études manquent encore à ce sujet, mais la raw food (viande crue) permettrait également de limiter les vomissements de boules de poils.


Mon chat vomit des boules de poils : que puis-je faire pour limiter ce phénomène ?

Outre l’alimentation, il y a des gestes qui peuvent réduire l’ingestion de poils chez le chat et donc les vomissements.

  • - Les chats à poil long devraient être brossés chaque jour ;
  • - Tout chat devrait pouvoir manger à de multiples reprises et en petites quantités tout au long de la journée pour améliorer la motilité gastro-intestinale.
  • - Enfin, un peu d’huile de paraffine peut être ajoutée à certaines rations de la journée (mais pas toutes).


Les vomissements sont fréquemment rencontrés chez le chat, cependant ces troubles qui affectent autant le quotidien de l’animal que celui du propriétaire peuvent être diminués. Certaines manifestations récurrentes peuvent enfin être la conséquence d’un problème sous-jacent (puces, maladie de peau, maladie gastro-intestinale) et il est conseillé de consulter son vétérinaire en cas de doute.


Source : Cannon, M. (2012). Hair Balls in Cats. Journal of Feline Medicine and Surgery, 15(1), 21–29. doi:10.1177/1098612x12470342

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