Les chevaux doivent pouvoir dormir couchés, pour leur santé

Par Virginie Sowinski, le vendredi 06/09/2019 à 07h45

Une étude allemande présentée fin 2018 au Congrès de l’International Society for Equitation Science a soulevé un point crucial : même si le cheval peut dormir debout, il est impératif pour lui de pouvoir avoir des moments de sommeil couché.


Un cheval dort en moyenne trois heures et demie par nuit*, et s’il peut effectivement rester debout lors de ses phases de sommeil léger et profond, la phase de sommeil paradoxal ne peut se faire qu’en étant étendu. Pourquoi ? Parce que lors de cette phase, l’animal est complètement inconscient et ses muscles se relâchent, l’empêchant de conserver son équilibre. On estime que les phases de sommeil paradoxal représentent 15 % du sommeil total, soit environ 30 minutes en cumulé sur une nuit.

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Un cheval qui tombe tout seul en dormant peut se blesser

Lorsqu’un cheval, pour une raison quelconque, ne peut se coucher, il s’écroule lorsqu’il entre en sommeil paradoxal. Dans l’étude, les animaux qui ont souffert de telles chutes sont tombés au cours de cette phase de sommeil ou en y entrant.

Or, ces « effondrements » de l’animal ne sont pas sans conséquence : ils occasionnent des blessures dans plus de 90 % des cas, majoritairement aux genoux, mais aussi aux articulations du métacarpe et métatarse, à la tête et aux jarrets.


Quelles sont les causes d’un manque de sommeil chez le cheval ?

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent altérer le sommeil chez le cheval, cependant, l’étude a mis en lumière que les deux causes principales qui l’empêcherait de se coucher seraient un espace trop petit (comme dans certaines stabulations), ou encore une douleur qui le pousserait à rester debout. Dans l’étude, 1/3 des chevaux qui tombaient par manque de sommeil étaient confinés dans des espaces trop exigus.

Paradoxalement, le changement d’un espace restreint à une surface plus vaste (une grange ouverte dans le présent cas) semble occasionner des troubles du sommeil chez des chevaux habitués à demeurer à l’écurie.

Enfin, 25 % des chevaux souffrant de malaises dus au manque de sommeil présentaient dans leur quotidien des troubles psychologiques, marqués par des comportements stéréotypés. Après leur chute, ces animaux montraient par ailleurs de l’apathie ou de l’anxiété.


Un cheval qui tombe tout seul lorsqu’il est à l’arrêt peut souffrir d’un manque de sommeil paradoxal. Cela peut être le fait d’une mauvaise gestion de l’animal, d’un problème de santé, ou d’un environnement inapproprié. Alors que la directrice de recherche de la présente étude, Christine Fuchs, pensait trouver une vingtaine de chevaux victimes de ces « effondrements », ce sont 300 dossiers qui lui sont parvenus. Un mal plus courant que l’on croirait et qui mérite toute notre attention.


Sources : 

C. Fuchs, L.C. Kiefner, S. Reese, M. Erhard1 and A.C. Wöhr, Institute for Animal Welfare, Ethology, Animal Hygiene and Animal Husbandry, Faculty of Veterinary Medicine, Department of Veterinary Science, Ludwig-Maximilian-University of Munich, Germany. 

International Society for Equitation Science 

 

*Temps régulier constaté en écurie.

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