Stérilisation Partie 3/3 : faut-il stériliser les animaux errants ou de refuge ?

Par Virginie Sowinski, le vendredi 24/05/2019 à 08h00

La stérilisation est actuellement au cœur des débats. Conspuée ou encensée, elle n’en demeure pas moins la technique de contrôle de la reproduction la plus répandue. Impact sur la santé, sur le comportement, stérilisation des animaux errants ou techniques alternatives, nous résumons les connaissances actuelles sur le sujet dans un dossier en plusieurs parties. Dans cette dernière partie, nous abordons la question de la stérilisation des animaux errants ou de refuge. 

faut-il stériliser les animaux errants ou de refuge ?

Les études les plus récentes (2019) montrent le bénéfice de la stérilisation sur les populations de chats errants : chute du nombre d’euthanasies de chatons et d’animaux adultes, réduction des abandons en refuge et amélioration du bien-être des animaux des rues.


Aux États-Unis, les chercheurs ont comparé des programmes de management des populations de chats errants. Sur 3 années d’études, 95 % des chats de 6 refuges ont été capturés, vaccinés, stérilisés et relâchés ou adoptés. Cette technique a permis une baisse moyenne de 84 % des euthanasies de chats adultes et de 87 % des euthanasies de chatons.

Parallèlement, le nombre de chats adultes déposés en refuge a diminué en moyenne de 32 %, pour une réduction de 40 % des dépôts de chatons et une baisse de 41 % des abandons de chatons nouveau-nés (1). Les chats étaient en bonne santé et leur mortalité dans la rue était faible.

Les preuves disponibles appuient l'hypothèse selon laquelle une chute de la mortalité des chats libres suggère la combinaison d'un déclin du nombre d’individus dans la population de chats (moins de conflits de territoire ou d’accès aux ressources, moins de transmission de maladies), et d'une réduction de l'itinérance des sujets stérilisés (2).


Le bénéfice de programmes de capture, de stérilisation et de relâché a été une nouvelle fois prouvé, grâce à la publication en 2019 d’un compte-rendu de recherche de 23 années. Le nombre de nouveaux chats, reçus pour la première fois en refuge, a diminué de 80 % entre 1995 et 2017, alors que la population globale de chats errants a diminué de 55 % entre 1999 et 2013.

Parallèlement, la moyenne d’âge de la population féline est passée de 16,6 mois en 1995 à 43,8 mois en 2017, alors que l’on observe une légère baisse des infections virales : -0,32 % pour le rétrovirus, -0,18 % pour la FelV, -0,16 % pour la FIV sur la période (3).


En conclusion, un programme de capture, de stérilisation et de relâché permettrait de réduire la population de chats errants tout en améliorant le bien-être des individus existants dans la rue. Cela impliquerait également une diminution des félins de tous âges abandonnés en refuges.



Sources et références : 

(1) Spehar, Daniel D, and Peter J Wolf. “Integrated Return-To-Field and Targeted Trap-Neuter-Vaccinate-Return Programs Result in Reductions of Feline Intake and Euthanasia at Six Municipal Animal Shelters.” Frontiers in veterinary science vol. 6 77. 21 Mar. 2019, doi:10.3389/fvets.2019.00077

(2) Johnson KL, Cicirelli J. Study of the effect on shelter cat intakes and euthanasia from a shelter neuter return project of 10,080 cats from March 2010 to June 2014. PeerJ. (2014) 2:e646. 10.7717/peerj.646

(3) Kreisler, R. E., Cornell, H. N., & Levy, J. K. (2019). Decrease in Population and Increase in Welfare of Community Cats in a Twenty-Three Year Trap-Neuter-Return Program in Key Largo, FL: The ORCAT Program. Frontiers in Veterinary Science, 6. doi:10.3389/fvets.2019.00007.

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