Stérilisation Partie 1/3 : quel impact sur la santé du chien et du chat ?

Par Virginie Sowinski, le dimanche 12/05/2019 à 10h10

La stérilisation est actuellement au cœur des débats. Conspuée ou encensée, elle n’en demeure pas moins la technique de contrôle de la reproduction la plus répandue. Impact sur la santé, sur le comportement, stérilisation des animaux errants ou techniques alternatives, nous résumons les connaissances actuelles sur le sujet dans un dossier en plusieurs parties. Dans un premier temps, nous abordons l'impact de la stérilisation sur la santé. 


S’il était déjà admis que la stérilisation augmentait la durée de vie, il a fallu attendre 2013 pour qu’une étude détaille cette information (1). Il est apparu que les chiens stérilisés vivaient en moyenne un an et demi de plus que les chiens entiers. L’espérance de vie serait ainsi augmentée de 13,8 % pour les mâles et 26,3 % pour les femelles.

Par contre, sur tous les cas de décès, il semblerait que les chiens entiers mouraient plus d’infections alors que les chiens stérilisés mouraient plus de cancers. Un constat en demi-teinte cependant, car des facteurs d’âge et de races sont aussi à prendre en compte.  

Impact de la stérilisation sur la santé.


Un animal stérilisé pourrait-il être plus facilement sujet à certaines maladies ?

Une étude rétrospective a comparé 90.090 dossiers de santé de chiens castrés et non castrés (2). Il est apparu que les animaux stérilisés présentaient une prévalence plus élevée de maladies en lien avec une fragilité du système immunitaire (dermatite atopique, anémie hémolytique auto-immune, colite, hypoadrénocorticisme, etc.). Cependant, cette recherche présente de nombreux biais (déséquilibre des données comparatives, faible prévalence, et limite due à la technique d'analyse), rendant impossible un lien entre stérilisation et maladies.

De l’avis même des chercheurs de cette étude, « le lien de causalité entre stérilisation et maladies est d’autant plus impossible à faire que l’on connaît l’implication du facteur génétique dans certaines maladies auto-immunes du chien ».

Une étude intéressante qui pourrait soutenir la thèse d’un lien entre la stérilisation et immunité, mais dont les résultats diffèrent en fonction du sexe de l’animal, a été menée chez la souris. Pour la femelle, l’oestrogène augmenterait la production d’immunoglobuline, stimulant la production d’anticorps. Pour le mâle par contre, la testostérone inhiberait l’immunité humorale (3).


L’hypothèse d’une prévalence de certaines maladies due à la stérilisation est utilisée depuis peu pour favoriser l’utilisation d’alternatives à la stérilisation avec gonadectomie (vasectomie, hystérectomie avec ablation partielle des ovaires). Pourtant, en l'absence de preuves, le choix de la gonadectomie ou d’une de ses alternatives doit relever de la décision éclairée du propriétaire, basée sur l’analyse individuelle d’une situation : race, sexe, comportement, âge de l’animal, ainsi que sur l’éthique personnelle du maître.


Les études ne permettent pas actuellement de condamner la gonadectomie au profit exclusif d’une autre méthode et d’autres recherches sont encore nécessaires pour évaluer les effets bénéfiques et néfastes des différentes techniques disponibles.


Sources et références :

(1) Hoffman, J. M., Creevy, K. E., & Promislow, D. E. L. (2013). Reproductive Capability Is Associated with Lifespan and Cause of Death in Companion Dogs. PLoS ONE, 8(4), e61082. doi:10.1371/journal.pone.0061082)

(2) Sundburg, C. R., Belanger, J. M., Bannasch, D. L., Famula, T. R., & Oberbauer, A. M. (2016). Gonadectomy effects on the risk of immune disorders in the dog: a retrospective study. BMC Veterinary Research, 12(1). doi:10.1186/s12917-016-0911-5

(3) Ahmed SA, Talal N. Sex hormones and the immune system— part 2. Animal data. Baillieres Clin Rheumatol. 1990;4:13–31.

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