Votre chien tousse et est fatigué ? Consultez avant que ce ne soit trop grave

Par Virginie Sowinski, le vendredi 12/04/2019 à 07h00

Angiostrongylose et dilofilariose étaient jusqu’à récemment des maladies peu communes ou surtout connues dans certaines régions chaudes. Désormais, elles s’étendent et peuvent se rencontrer partout : faites le point sur ces affections qui menacent votre chien.


Angiostrongylose et dirofilariose sont deux maladies parasitaires cardiorespiratoires. Si les voies de transmission diffèrent, les symptômes se ressemblent. Elles peuvent ainsi être responsables d’une toux du chien et de difficultés respiratoires. L’animal, même dynamique d’ordinaire, fatigue rapidement.

Le pronostic vital de l’animal peut être réservé à sombre en fonction du degré d’infestation et de l’atteinte. C’est pour cela qu’il est primordial de se rendre chez le vétérinaire sans trop attendre si l’on observe les symptômes précités chez son chien.

chien ou chat qui tousse : vérifiez si ce n'est pas une dirofilariose ou une angiostrogylose


Comment le chien attrape-t-il ces maladies ?

L’angiostrongylose et la dirofilariose possèdent deux voies de contamination bien distinctes. Pour la première, les chiens mangent ou lèchent un gastéropode porteur des larves du ver nématode Angiostrongylus vasorum. Il suffirait donc qu’un chien mange une limace ou un escargot pour être à son tour parasité. Il semblerait qu’une contamination soit également possible si le chien lèche une zone sur laquelle est passée une limace contaminée, car A. Vasorum peut survivre deux jours en milieu extérieur. Une fois chez le chien, le parasite se développe dans le ventricule droit du cœur et dans les artères pulmonaires : c’est cette localisation particulière qui provoque toux et essoufflement.

D’autres signes peuvent également être observés avec cette maladie, mais ils sont toujours précédés par une toux chez le chien et de la fatigue. L’animal peut alors également souffrir de troubles neurologiques ou encore faire des hémorragies.


Quant à la dirofilariose, il s’agit d’une maladie provoquée par un autre nématode, Dirofilaria Immitis, transmis par la piqûre d’un moustique. Là encore, le ver migre et se développe dans le cœur droit et les artères pulmonaires. En toute logique, et comme pour l’angiostrongylose, le chien tousse et fatigue, mais avec la dirofilariose, il peut aussi avoir des troubles neurologiques (convulsions, parésie), rarement des problèmes de peau (rougeurs, lésions, nécroses, nodules) et, dans les cas les plus graves, un syndrome de la veine cave, un état qui conduit à la mort en moins de 72 h.


Pourquoi ces maladies sont-elles méconnues ?

Avec une connaissance des symptômes et une prise en charge précoce, on peut soigner un chien atteint de dirofilariose cardiaque et d’angiostrongylose. Mais si l’on parle peu de ces maladies, c’est qu’elles sont émergentes. Auparavant, elles étaient peu observées, limitées aux régions chaudes, voire tropicales pour la dirofilariose.

Ainsi, on observait surtout cette dernière dans les départements d’outre-mer, alors qu’aujourd’hui, des cas sont aussi répertoriés dans le sud de la France métropolitaine.

Concernant l’angiostrongylose, elle a été découverte à Toulouse et étudiée largement dans le Sud-Ouest. Pourtant, à partir des années 2000, elle gagne l’Europe, de la Suisse au Danemark.

Ce n’est donc que très récemment que l’intérêt pour ces affections s’est intensifié, laissant encore les propriétaires dans une méconnaissance d’un risque qui prend de l’ampleur.

Pourquoi ce développement ? La mobilité des personnes et des animaux, couplé au réchauffement climatique est une hypothèse pouvant l’expliquer.


Comment savoir si mon animal a une dirofilariose ou une angiostrongylose ?

Les cas rencontrés et étudiés sont souvent des chiens. Cependant, si le chat est plus rarement touché, il n’en est pas moins susceptible d’être lui aussi infesté.

Une toux persistante et une fatigue inhabituelle du chien et du chat sont des signes qui doivent conduire les propriétaires à consulter rapidement un vétérinaire.

L’identification des vers se réalise par coproscopie pour la suspicion d’angiostrongylose et par sérologie pour la dirofilariose cardiaque. Il est également possible que le vétériaire veuille vérifier le coeur et les poumons par échographie ou radiographie. 


Pour limiter les risques de développer ces maladies, il est recommandé d’agir en prophylaxie contre les vers, grâce à l’administration régulière de vermifuges. Une prévention d’autant plus importante que lorsque les symptômes sont visibles, c’est que l’infestation est déjà massive et que cela peut avoir un impact sur les chances de survie de l’animal.



Sources :

Dossier Parasitisme cardio-pulmonaire : l'émergence, Le Point Vétérinaire n°394

Moraillon R., Legeay Y., Boussarie D., Sénécat O., Dictionnaire pratique de thérapeutique chien, chat, NAC, Elsevier Masson, 7e édition, 2010. 

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