Cheval dangereux en club : d'où peuvent provenir ces comportements indésirables ?

Par Virginie Sowinski, le jeudi 04/04/2019 à 18h00

Les chevaux de club sont montés régulièrement, par des cavaliers de tous niveaux. Cependant, ils peuvent parfois manifester des comportements considérés comme déplacés, voire dangereux. Quelle serait l’origine de ces comportements ? Une étude s’est penchée sur le sujet, alors que les animaux qui ne montrent pas un tempérament docile sont souvent vendus, mis en retraite ou mis à mort (euthanasie, boucherie).

Image titleLes comportements dangereux seraient observés plus souvent en compétition. 


Cheval qui botte, qui rue, qui mord, attaque humain ou congénère, etc. En moyenne, on dénombrerait un accident toutes les 1.000 heures de monte, alors que les 2/3 des blessures seraient attribuées au comportement du cheval. La plupart des atteintes graves, notamment à la tête, ont par ailleurs été observées chez les enfants (souvent moins expérimentés).

Pour comprendre les facteurs à l’origine des comportements considérés comme inadaptés chez les équidés, une étude a suivi 84 chevaux de club, pendant 1 an.

Ils ont évalué que 59 % des chevaux avaient montré des comportements dangereux (60 %) ou déplacés (40 %), une fois ou plus, sur la période qu’a duré l’étude.


- Les chevaux ont montré plus de mauvais comportements en compétition, et c’est en balade ou en monte de détente qu’ils en ont manifesté le moins. Ces résultats peuvent se comprendre, le cavalier mobilisant beaucoup plus son cheval lors de concours, lui occasionnant du stress. Si l'on tient aussi compte de la frustration et de l'angoisse de l'humain, des tensions se ressentent et on observe une augmentation des conflits entre les cavaliers et leurs montures à ces occasions.


- Le mal de dos peut aussi être à l’origine de comportements agressifs ou d’évitements chez le cheval. Les cavaliers violents ou inexpérimentés peuvent causer sur le court, moyen ou long terme des douleurs dorsales à l’équidé. Les maux de dos, les boiteries, mais aussi une gêne liée au mors (2) sont tant de facteurs qui peuvent modifier le comportement du cheval : la douleur, en d’autres termes.


- La nutrition semblerait aussi jouer un rôle dans le comportement des chevaux. Les mauvaises attitudes de ces derniers étant plus de 2 fois plus élevées lorsqu’ils recevaient des compléments (grains, concentrés, fibres). L’impact de la nutrition sur le comportement du cheval a par ailleurs été approfondi dans une étude de 2015 (1). Une alimentation trop riche en amidon provoquerait un déséquilibre de la population microbienne intestinale. Les chevaux seraient alors plus nerveux, inquiets. Les comportements inappropriés ont également augmenté lorsque les chevaux étaient mis au pré au moment où l’herbe était la plus grasse (fournissant plus d’énergie).


- Les chevaux obèses ou en surpoids seraient, enfin, plus facilement sujets à montrer de mauvais comportements, ce qui laisse supposer qu’il existe un lien entre alimentation, masse corporelle et comportement chez les équidés. Les animaux présentant un embonpoint recevraient une nutrition trop riche en énergie en comparaison de leurs besoins.


Un cheval dangereux ne l'est pas sans raison. Cette étude a mis en lumière les facteurs pouvant être à l’origine de comportements considérés (par l'Homme) comme déplacés chez le cheval. Ces points devraient être évalués lorsqu’un cavalier rencontre un souci avec sa monture, avant de l'attribuer au caractère propre de l’animal et de songer à s’en séparer si le problème persiste.




Source et références :

- BUCKLEY, P., MORTON, J. M., BUCKLEY, D. J., & COLEMAN, G. T. (2012). Misbehaviour in Pony Club horses: Incidence and risk factors. Equine Veterinary Journal, 45(1), 9–14. doi:10.1111/j.2042-3306.2011.00541.x

  • (1) Alexandra Destrez, Pauline Grimm, Frank Cézilly, Véronique Julliand, Changes of the hindgut microbiota due to high-starch diet can be associated with behavioral stress response in horses, Physiology & Behavior, oct. 2015.
  • (2) Cook, WR et Kibler, M. (2018), Behavioural assessment of pain in 66 horses, with and without a bit. Equine Vet Educ. . doi: 10.1111 / eve.12916

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