Envie d'adopter un NAC ? Voici la marche à suivre

Par Virginie Sowinski, le mercredi 16/01/2019 à 08h09

Les NAC, pour « nouveaux animaux de compagnie », ont intégré le paysage des animaux domestiques aux côtés des traditionnels chiens et chats.  Mais pour ces animaux, le coup de cœur est-il permis sans se poser plus de questions ?

Les NAC regroupent un ensemble d’espèces très variées à poils, à plumes et à écailles. Il est donc naturel que chacune ait des exigences propres et il est très important pour leur bien-être que les personnes qui souhaitent en adopter le fassent en connaissance de cause.


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Ne pas partir sur des a priori

Les NAC sont originaux, ils sont mignons…mais ce n’est pas une raison suffisante pour une adoption. Beaucoup d’animaux sont adoptés en se basant sur des idées préconçues. Deux exemples sont flagrants :

  • - Le hamster, souvent acheté comme animal de compagnie pour les enfants. Pour les parents, c’est petit, mignon, ça ne prend pas trop de place et peu de temps. Dans les faits, le hamster est surtout un animal solitaire qui vit la nuit et qui peut montrer de l’agressivité. Il n’est pas adapté aux enfants.
  • - Le lapin, jolie peluche ou icône de dessin animé n’est, lui non plus, pas fait pour les enfants. C’est un animal très territorial qui a besoin de beaucoup d’espace et dont le régime alimentaire est bien plus complexe qu’un apport en carottes. Les adoptants se trouvent souvent désarmés devant un animal qui a un caractère bien plus trempé qu’une peluche. Résultat : le lapin est l’un des animaux de compagnie les plus abandonnés.


La vie avec un animal ne se limite pas à la projection utopique que l’on en fait. Avant d’adopter, il est essentiel de se renseigner.


Se renseigner sur les spécificités de l’espèce AVANT d’adopter

Saviez-vous que le rat a besoin de vivre avec au moins un congénère ? Que le lapin ne devrait pas vivre en cage et doit impérativement sortir quotidiennement de son enclos ? Que la majorité des maladies que l’on rencontre chez les reptiles sont dues à une mauvaise gestion de leur environnement ou de leur alimentation ? Que si vous adoptez une furette, il faudra utiliser obligatoirement une méthode contraceptive ? Etc.

Chaque espèce a des besoins et des faiblesses distinctes. Et si vous ne vous renseignez pas suffisamment avant d’adopter, vous pouvez mettre à mal le bien-être ou la santé de l’animal que vous prenez chez vous. Les groupes de passionnés, les forums spécifiques, sont les endroits où l’on glane de très bons conseils et les démarches avant adoption sont bien reçues. Vous en apprendrez beaucoup sur les conditions optimales de vie (taille de l’habitat, alimentation, mode de vie, spécificités de l’espèce). Cela vous confortera peut-être dans l’espèce que vous aviez choisie ou au contraire cela vous aiguillera vers un autre animal. Enfin, le vétérinaire NAC reste un conseiller privilégié du bien-être de ces petits compagnons.

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Savoir identifier les maladies les plus courantes et les signes de mal-être

Un élément rarement abordé est tout aussi important : faire le point en amont sur les maladies les plus rencontrées, les signes, les traitements à envisager et les frais que cela peut impliquer.

Un nouvel acquéreur devrait connaître les risques d’insulinome chez le furet par exemple, les infections respiratoires ou tumeurs chez le rat, les arrêts de transit chez le lapin, etc.

Connaître ces maladies permet de repérer les symptômes rapidement, de soigner à temps et d’optimiser les chances de survie de l’animal.



Vérifier qu’un vétérinaire NAC ou mixte pratiquant les NAC soit à proximité

Tous les vétérinaires ne sont pas compétents pour soigner tous les animaux. Si certains vétérinaires chiens/chats ont des connaissances pour prendre en charge les NAC, ce n’est pas le cas de tous les praticiens et toutes les espèces ne bénéficient pas des mêmes accès aux soins (un vétérinaire mixte aura sûrement plus de facilité à soigner un cochon d’Inde qu’un serpent).

Il est donc impératif avant d’adopter de se renseigner sur le vétérinaire NAC le plus proche, afin de savoir vers qui se tourner en cas de besoin.

Par ailleurs, dès l’adoption, une visite de contrôle est fortement conseillée : le vétérinaire vérifiera alors que l’animal est en bonne santé, prodiguera les bons conseils et ce premier entretien est l’occasion de faire connaissance avec le praticien dans un cadre plus serein que s’il s’agissait d’une visite d’urgence.  


Bien choisir la provenance de l’animal

Le scandale de l’usine à rongeurs du Puy-en-Velay a mis en lumière l’horreur qui se cache derrière le commerce des animaux d’animalerie : individus entassés dans des cages minuscules et sales, stressés, laissés sans soins, peu manipulés, victimes d’une mortalité élevée, etc.

Il est préférable, pour ne pas alimenter ce circuit peu respectueux de la condition animale, de se tourner vers des associations. Comme les chiens ou les chats, de nombreux NAC sont abandonnés et attendent une famille dans des refuges ou familles d’accueil. Ces animaux ont l’avantage d’être manipulés et réhabilités par des personnes qui connaissent les espèces. Cette connaissance de chaque protégé donne lieu à des fiches décrivant le besoin personnalisé de l’animal et son caractère, pour informer chaque adoptant potentiel. Pas de mauvaises surprises sur le comportement du NAC choisi, et l’association assure généralement un suivi de ses protégés.

Pour certaines espèces plus rares à trouver en association ou pour ceux qui pour des raisons propres souhaitent une autre alternative, il existe des élevages familiaux où les animaux sont bien traités et manipulés pour leur socialisation. Demandez conseil à votre vétérinaire qui doit avoir ces éleveurs dans sa clientèle, ou sur les groupes de passionnés.


Aucun animal ne s’adopte à la légère, tous demandent de l’implication sur le long terme. Toutefois, les NAC ayant tous des spécificités différentes, ils nécessitent une attention particulière avant adoption. Plutôt que de se focaliser sur une espèce, mieux vaut choisir celle qui correspond le plus à son attente et mode de vie, afin que la relation convienne autant à l’animal qu’à celui qui l’accueille, pour le bonheur des deux.

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