Stérilisation : des alternatives à mieux connaître

Par Janlou Chaput, le lundi 10/12/2018 à 22h35

L’ablation des testicules ou des ovaires chez les chiens n’est pas une pratique sans contrepartie. Il existe des alternatives, mais les maîtres ne sont pas toujours bien informés à ce sujet.

Ni tout noir, ni tout blanc. Si la procédure est commune - voire quasiment systématique dans des pays comme les États-Unis, l’ablation des testicules (orchiectomie) ou des ovaires (hystéro-ovariectomie) chez les chiens n’a rien d’un geste anodin. Du moins, des vétérinaires américains veulent sensibiliser leurs pairs et les possesseurs de canidés aux conséquences d’un tel acte chirurgical sur leurs animaux de compagnie.

Dans la revue Innovation Veterinary Care Review, le Dr. Michelle Kutzler interroge ces pratiques. Si elles présentent des avantages, en annihilant tout risque de cancer de l’appareil reproducteur parfois mortel, ou d’autres pathologies graves, comme le pyomètre, elles s’accompagnent de contreparties : obésité, incontinence, diabète ou encore troubles digestifs sont autant d’affections rencontrées plus communément. Pourquoi ? Car testicules et ovaires jouent un rôle dans l’équilibre hormonal global. Des recherches du vétérinaire ont par exemple montré qu’en cas d’absence de ces organes, les taux d’une hormone nommée LH peuvent être trente fois plus élevés que chez un chien entier. Un terrain qui favorise le développement de certaines maladies.

Image title


Des alternatives dans la balance

Pourtant, des alternatives existent… Mais elles ne sont pas toujours bien connues des vétérinaires. Aux États-Unis, par exemple, ils ne sont que 7 % à les évoquer auprès des propriétaires de chiens. Pourtant, chez les mâles, la vasectomie (section chirurgicale du canal reliant les testicules à l’urètre) permet au chien de conserver son intégrité hormonale tout en le rendant stérile. De même pour l’hystérectomie, ablation de l’utérus, qui ne prive pas les chiennes d’estrogènes.

Ces techniques connaissent elles aussi des limites, puisque la vasectomie ne coupe pas l’envie du toutou de s’échapper pour retrouver une femelle ou n’évite pas les cancers testiculaires, tout comme l’hystérectomie n’empêche pas le développement de tumeurs ovariennes ; mais elles ont aussi leurs vertus. Sans parler des techniques en cours de développement, comme ces produits injectables aux propriétés stérilisantes. Mieux informés, les propriétaires de chiens pourraient parfois préférer recourir à ces méthodes plutôt qu’aux procédures classiques.


Pour rappel, castration et stérilisation évitent la reproduction anarchique des chiens et limitent le nombre d’animaux enfermés dans les cages de refuges. Les efforts réalisés aux États-Unis depuis le milieu des années 1970 a permis de diviser par deux ce nombre, mais il reste encore 6 millions de chiens en attente d’un maître… Sinon, ils finissent euthanasiés.


Source : Innovation Veterinary Care Review

Ces articles pourraient également vous intéresser