L'Alabama rot, la mystérieuse maladie mortelle du chien

Par Janlou Chaput, le jeudi 25/10/2018 à 14h55

En 2012, une maladie canine inconnue et très mortelle est apparue au Royaume-Uni. Depuis, elle sévit toujours et s’étend à d’autres pays : on la surnomme Alabama rot. La recherche tente de comprendre ce mystérieux phénomène qui pourrait toucher préférentiellement certains chiens et dévoile des éléments préliminaires.


Le springer anglais est une race particulièrement exposée à l'Alabama RotLe springer anglais est une race particulièrement exposée à l'Alabama Rot

Les faits remontent à 2012. Sans s’annoncer, une pathologie inconnue des services vétérinaires est apparue en Grande-Bretagne. Et elle n’a rien de drôle. D’abord, des lésions cutanées apparaissent sur les pattes arrière et, moins souvent, sur la face, le ventre ou les flancs. Dans les jours suivants, une insuffisance rénale s’installe, au point, parfois, que le chien n’urine presque plus. Lorsque la maladie atteint ce stade, le taux de mortalité flirte avec 100 %, d’autant que les rares traitements existants ne sont plus d’aucune utilité.

Baptisé vasculopathie glomérulaire rénale et cutanée (VGRC), et surnommé Alabama rot, ce trouble a continué de sévir tous les ans au Royaume-Uni depuis, et s’est étendu à d’autres pays comme les Etats-Unis (la France semble jusque-là épargnée). Bien que toujours mystérieuse pour la communauté scientifique, elle fait néanmoins l’objet d’une enquête minutieuse, dont voici les résultats parus dans la revue Veterinary Records.


Des races de chiens plus concernées que d’autres

Une première étude (1) a regardé les zones les plus à risque pour les canidés : le VGRC apparaît principalement dans les zones boisées britanniques où la pluviométrie et la température sont plus élevées. Une autre étude encore (2) a remarqué que l’Alabama rot frappait avec discrimination : tandis que les chiots sont épargnés et les chiens mâles peu concernés, les femelles et les individus stérilisés constituent les populations les plus exposées.

Pire, cette recherche met en évidence des différences entre les races. Les chiens de chasse de type springer anglais, retriever à poil plat, whippet ou braque hongrois figurent parmi les plus exposés. Deux hypothèses principales ressortent. Soit le VGRC profite d’une faille génétique chez les races concernées, soit la cause découle de l’environnement. Puisque les risques de le contracter augmentent en milieu boisé et rural, donc dans les zones à gibier, la probabilité qu’elle touche surtout des chiens de chasse grimpe également. Des recherches complémentaires demeurent indispensables, pour déterminer la cause, les individus les plus exposés, et pour trouver un traitement fiable.


Sources : 

(1) , KB.Jepson, R.Holm, LP.Walker, DJ.Cardwell, JM. (2018), Spatiotemporal patterns and agroecological risk factors for cutaneous and renal glomerular vasculopathy (Alabama Rot) in dogs in the UK, Veterinary Record Published Online First: 27 August 2018. doi: 10.1136/vr.104892
(2) Stevens, KB.O’Neill, D.Jepson, R.Holm, LP.Walker, DJ.Cardwell, JM. (2018) Signalment risk factors for cutaneous and renal glomerular vasculopathy (Alabama rot) in dogs in the UK, Veterinary Record 183, 448.

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