La science révèle une arme naturelle pour lutter durablement contre les tiques

Par Virginie Sowinski, le jeudi 18/10/2018 à 18h00

Une étude dévoilée en septembre 2018 (1) se penche sur les méthodes naturelles de lutte contre les tiques. Une donnée récente qui pourrait être une solution d’avenir dans la lutte contre ces parasites, vecteurs d’affections comme la maladie de Lyme ou la piroplasmose.   

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Si les acaricides chimiques sont efficaces, ils ont l’inconvénient d’être potentiellement nocifs pour l’environnement et pour les animaux de compagnie. Par adaptation, certaines tiques peuvent même développer une résistance au produit.

Pour contrer ces effets indésirables, des chercheurs se sont intéressés à l’efficacité des substances naturelles dans la lutte contre les tiques. Ils ont alors utilisé du carvacrol, un phénol que l’on retrouve dans certaines huiles essentielles de plantes aromatiques : jusqu’à 75 % dans le thym, jusqu’à 45 % dans la sarriette et 50 % dans la marjolaine (2).


Pour évaluer l’efficacité de la substance, les scientifiques ont étudié son effet sur les ovaires des tiques femelles, une méthode de test déjà éprouvée dans la recherche d’acaricides.

Ils ont séparé 4 groupes de tiques femelles : un groupe contrôle, un groupe mis au contact d’une solution de carvacrol à 20 µl/ml, un groupe à 50 µl/ml et un dernier à 100 µl/ml.

Alors que le groupe contrôle n’affichait aucune altération des ovaires et des ovocytes, ces derniers ont commencé à montrer des anomalies dès 20 µl/ml. Par la suite, plus les doses de carvacrol augmentaient et plus les ovocytes présentaient de gros dommages : plus petits, plus irréguliers.

De plus, seuls les ovocytes à leurs premiers stades de développement étaient observables lors d’une exposition à 100 µl/ml, alors qu’à moindre dosage, les ovocytes poursuivaient leur évolution, bien qu’étant détériorés.


Cette étude apporte la preuve de l’efficacité de l’utilisation de certaines huiles essentielles dans la lutte contre les tiques, même à faible dosage. Il apparaît surtout que les parasites survivants à de tels traitements auraient des difficultés à se reproduire, permettant ainsi une régulation de leur population sur le long terme. Par ailleurs, des études antérieures avaient déjà validé l’efficacité de procédés naturels, notamment l’huile de neem, qui a fait ses preuves en tant qu’acaricide (3, 4, 5, 6).

Des résultats qui encouragent l’utilisation de méthodes naturelles dans la lutte contre les tiques *. 



* Sous contrôle vétérinaire cependant, car un mauvais dosage peut avoir des effets néfastes sur la santé d'un animal. 

 

Sources et références :

  • (1) José Ribamar Lima de Souza, Patrícia Rosa de Oliveira, Luís Adriano Anholeto, André Arnosti, Erik Daemon, Rafael Neodini Remedio, Maria Izabel Camargo-Mathias, Effects of carvacrol on oocyte development in semi-engorged Rhipicephalus sanguineus sensu lato females ticks (Acari: Ixodidae), Micron, Volume 116, 2019, Pages 66-72, ISSN 0968-4328
  • (2) De Vincenzi M, Stammati A, De Vincenzi A, Silano M, Constituents of aromatic plants: carvacrol, Fitoterapia, vol. 75, nos 7-8,‎ 2004, p. 801–4 (PMID 15567271, DOI 10.1016/j.fitote.2004.05.002)
  • (3) M. Choudhury, Toxicity of neem seed oil against the larvae of Boophilus decoloratus, a one-host tick in cattle, Indian J. Pharm. Sci., 71 (2009), p. 562, 10.4103/0250-474X.58191
  • (4) S.E. Denardi, G.H. Bechara, P.R. Oliveira, M.I. Camargo-Mathias, Azadirachta indica A. JUSS (neem) induced morphological changes on oocytes of Rhipicephalus sanguineus (Latreille, 1806) (Acari : Ixodidae) tick females, Exp. Parasitol., 126 (2010), pp. 462-470
  • (5) R.N. Remedio, P.H. Nunes, L.A. Anholeto, P.R. Oliveira, M.I. Camargo-Mathias, Morphological effects of neem (Azadirachta indica A. JUSS) seed oil with known azadirachtin concentrations on the oocytes of semi-engorgedRhipicephalus sanguineus ticks (Acari:Ixodidae), Parasitol. Res., 114 (2015), pp. 431-444.
  • (6) R. Srivastava, S. Ghosh, D.B. Mandal, Efficacy of Azadirachta indica extracts against Boophilus microplus, Parasitol. Res., 104 (2008), pp. 149-153

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