Attention : une intoxication aux plantes peut conduire à une insuffisance rénale du chat

Par Virginie Sowinski, le mardi 16/10/2018 à 10h06

Les chats sont des carnivores stricts. Néanmoins, cela ne les empêche pas d’être attirés par les végétaux. Ainsi, l’intoxication aux plantes d’intérieur est une cause courante d’empoisonnement du chat et elle peut conduire, avec certaines d’entre elles, à une insuffisance rénale. C’est ce que montre une thèse vétérinaire soutenue en 2017.

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Le ficus, le lys, les aracées en général et d’autres plantes comme le philodendron ou le spathiphyllum sont des plantes communément utilisées pour décorer l’intérieur des maisons et appartements. Ce sont aussi des plantes qui peuvent être toxiques pour les chats et avoir de graves répercussions si aucun soin n’est apporté.

Les chats qui souffrent d’une telle intoxication cessent de manger, semblent très fatigués et vomissent. Dans des cas plus critiques, l’animal boit beaucoup, urine plus ou au contraire n’urine quasiment plus et a mal lorsqu’on lui touche les reins.

Lorsque ces symptômes sont observés et qu’une ingestion de plante est suspectée, il est important de se rendre au plus vite chez le vétérinaire.

Parfois, une amélioration de l’état rassure les propriétaires qui se disent alors qu’il n’y a pas besoin de se rendre chez le vétérinaire. Or, cette rémission n’est que temporaire et le temps perdu ne fait que diminuer les chances de survie de l’animal.

Image titlePlantes toxiques. Dans l'ordre : aracée, lys, ficus et spathyphillum


Les traitements

Si le propriétaire réagit dans les 6 heures, le traitement pourra se limiter à un nettoyage gastrique. Pour les plantes à oxalates, comme le philodendron, donner du jus de citron vert ou du lait permet de faire passer les toxines dans le système digestif au lieu du système rénal.

Pour les cas les plus avancés, il faudra envisager une hospitalisation avec perfusion et mise sous diurétiques. Si malgré ce traitement l’état du félin ne s’améliore pas, l’euthanasie peut être proposée. La dialyse reste la dernière option de soins envisageable, avec un taux de réussite de 44 à 60 %.

Plus le système rénal est atteint et plus le pronostic vital du chat est engagé.


Dans le cas d’intoxication par les plantes, de nombreux chats s’en sortent sans séquelles. Toutefois, les cas de décès et de pathologies rénales consécutives existent aussi : un chat sur deux meurt ou contracte une maladie rénale chronique lors d’une intoxication au lys et les animaux pris en charge trop tard ou sans dialyse trépassent dans 47 à 64 % des cas.


Source :

Thèse du Dr Ingrid Le Lann, Les insuffisances rénales d'origine toxique végétale chez le chat, École nationale vétérinaire Oniris, 2017. / La Semaine Vétérinaire

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