Hyperthyroïdie du chat : faut-il y voir un lien avec certains perturbateurs endocriniens ?

Par Janlou Chaput, le lundi 08/10/2018 à 08h00

Des produits du nom de tensioactifs fluorés, connus pour leur rôle de perturbateurs endocriniens, ont été retrouvés en plus forte concentration chez des chats âgés souffrant d’hyperthyroïdie. Hasard ou conséquence ?

Image titleDans les tapis, certains composés de la famille des produits tensioactifs fluorés, pourraient avoir un lien avec l’apparition d’hyperthyroïdie chez le chat âgé.


Notre environnement pullule de composés industriels, parmi lesquels les tensioactifs fluorés (PTF). Utilisés depuis les années 1950, ils sont connus comme perturbateurs endocriniens chez l’espèce humaine, impactant la croissance des enfants, la fertilité féminine ou augmentant la probabilité de certains cancers.

Mais ces composés peuvent-ils affecter nos boules de poils ? Des universitaires californiens ont creusé cette question sur des chats. Les résultats de leurs recherches, parus dans la revue Environmental Toxicology and Chemistry ne répondent pas à cette interrogation, mais présentent des éléments qui peuvent le laisser penser, même si des expertises complémentaires s’imposent.

En substance, il ressort de cette étude qu’après analyses des taux de PTF dans le sang de chats de plus de 10 ans, les félins présentant les concentrations les plus élevées souffraient plus souvent d’hyperthyroïdie. S’il semble exister un parallèle entre les deux événements, il reste à déterminer, par de nouvelles études, la nature de ce lien : cause ou conséquence ?


L’hyperthyroïdie, pathologie du chat âgé

L’hyperthyroïdie constitue une maladie commune rencontrée principalement chez les chats âgés. Rarement rencontrée avant l’âge de huit ans, cette pathologie se caractérise par une surproduction d’hormones thyroïdiennes, augmentant alors le métabolisme de l’animal : malgré une hausse de l’appétit et de la soif, le félin perd du poids et connaît un surcroît d’activité.

Elle découle, le plus souvent, de grosseurs anormales qui se développent sur la thyroïde, petit organe situé dans le cou de l’animal. Quant à la cause originelle, celle-ci ne demeure pas simple à deviner. Mais l’assimilation, voire l’accumulation, de certains composés toxiques, peut expliquer son apparition.


Source : 

Wang, M. , Guo, W. , Gardner, S. , Petreas, M. and Park, J. (2018), Per‐ and polyfluoroalkyl substances in Northern California cats: Temporal comparison and a possible link to cat hyperthyroidism. Environ Toxicol Chem, 37: 2523-2529. doi:10.1002/etc.4239

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