Des conseils pour améliorer les chances de survie des chatons nouveau-nés

Par Virginie Sowinski, le lundi 11/06/2018 à 14h38

Le 3 avril, dans le cadre d’une conférence NeoCare, le Dr vétérinaire Amélie Mugnier a présenté à l’École nationale vétérinaire de Toulouse les résultats d’une récente étude sur la mortalité des chatons. Si en moyenne 20 % d’entre eux meurent avant le sevrage*, la pesée pourrait permettre de détecter les chatons à risque. Une reconnaissance précoce des plus faibles pour améliorer leurs chances de survie.

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Les facteurs de risques de décès précoce dans une portée (entre la naissance et 21 jours) sont un faible poids de naissance et une portée avec des chatons de poids très différents. Un chaton chétif dans une portée comprenant également des chatons très bien portants sera d’autant plus vulnérable.

Passés 21 jours, le critère qu’il faut surveiller pour évaluer les risques est le taux de croissance dans les deux premiers jours de vie. Là encore, les chatons les plus faibles sont ceux dont le poids et le taux de croissance sont inférieurs aux moyennes estimées.


Comment évaluer si le chaton est suffisamment gros ou non ?

L’étude s’est penchée sur 6 races de chats aux morphotypes différents et en a déduit différents seuils de poids en dessous desquels les chatons devraient être considérés comme très fragiles (mortalité augmentée) :


  • - 78 g pour un chaton de race bengal ;
  • - 85 g pour un chaton siamois ou sacré de Birmanie ;
  • - 89 g pour un ragdoll ;
  • - 98 g pour un chartreux ;
  • - 102 g pour un norvégien ;
  • - 109 g pour un maine coon.


En dessous de quel taux de croissance le chaton est-il considéré comme à risque ?

Pour un chaton non sevré de plus de 21 jours, c’est le taux de croissance des deux premiers jours de vie qui peut donner une indication sur la vulnérabilité de l'individu.

Le taux de croissance correspond à la prise de poids entre le jour de la naissance et le 2e jour de vie, en pourcentage du poids de naissance.

Les chiffres suivants représentent des seuils d’alerte, c’est-à-dire les taux moyens de croissance en dessous desquels le risque de mortalité est plus élevé :

  • - 11 % chez le chaton norvégien ;
  • - 17 % chez le chaton chartreux ;
  • - 20 % chez le maine coon ;
  • - 23 % chez le ragdoll ;
  • - 26 % chez le bengal.


Que faire pour les chatons dont les valeurs de poids et de croissance sont en dessous du seuil ?

Les animaux en dessous des seuils doivent être pris en charge pour améliorer leurs chances de survie : aidez les petits en les mettant régulièrement à la tétée et complémentez-les avec un lait artificiel pour chaton. En parallèle, suivez quotidiennement le poids et surveillez les paramètres environnementaux (température, humidité, aération).

Le poids est un indicateur bien connu quant aux risques de mortalité des très jeunes individus. Chez le chiot, on estime par exemple que le risque de mortalité est multiplié par 8 si l’animal ne prend pas de poids pendant les 2 premiers jours de sa vie. Ce sont donc des paramètres essentiels à surveiller lorsque l’on doit assumer une portée.

Par ailleurs, si notre responsabilité est de nous occuper au mieux des animaux qui viennent au monde, la stérilisation demeure un enjeu majeur de protection animale, au vu de la prolifération de certaines espèces, dont les félins domestiques, et du nombre d’individus qui rejoignent les rangs déjà surpeuplés des refuges.



*Chiffre relevé dans l’ensemble de la littérature scientifique. Dans la présente étude le taux était significativement plus bas, porté à 5,2 %.

Source : Conférence NeoCare - Étude menée sur 2.105 chatons issus de 48 chatteries différentes. 

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