Comment soigner le Syndrome métabolique équin (SME) ? Enfin un traitement en vue

Par Virginie Sowinski, le mardi 20/03/2018 à 21h25

Le syndrome métabolique équin (SME) est une maladie métabolique, parfois comparée au diabète de type 2 chez l’Homme. Cette pathologie est entre autres caractérisée par une obésité ainsi qu’une fourbure chronique. Si une gestion minutieuse de l’alimentation et de l’exercice étaient jusqu’à présent les recommandations pour gérer cette affection, les chercheurs viennent de découvrir une solution, qui s’annonce prometteuse.

Un nouveau traitement pour soigner le Syndrome métabolique équin ?

Les chercheurs ont suivi un raisonnement logique, en prenant le mal à la source. Dans le cas des troubles glycémiques et métaboliques, ils se sont intéressés au peptide insulinotrope dépendant du glucose (GIP), une hormone gastro-intestinale, polymère d’acides aminées produit par le système digestif. Il a la particularité de réguler le métabolisme énergétique et de renforcer la production d’insuline en rapport avec le glucose.



Image titleExemple de peptide. © Nevit Dilmen - Wikimedia CC-BY-SA 3.0


Un traitement pour le Syndrome métabolique équin ?

On sait maintenant que GIP stimule la production d’insuline. Or, on sait aussi que sa surproduction (hyperinsulinémie) est une cause de fourbure*. Dans ce cheminement logique, bloquer l’action du GIP pourrait apporter une réponse à la fourbure chronique.

Une hypothèse qui a poussé les chercheurs à tester un antagoniste du GIP, à savoir « Pro3 GIP ». En ajoutant cet antagoniste à des cellules pancréatiques contenant un peptide insulinotrope dépendant du glucose, ils se sont alors rendu compte que la production d’insuline était réduite de 30 %.


Les chercheurs ont également constaté que plus la concentration de GIP était élevée, plus l’obésité était importante, confirmant ainsi le lien entre la présence de GIP et l’indice corporel des animaux obèses.

Image titleCorrélation entre l'obésité, les masses graisseuses stockées dans l'encolure et le GIP circulant, chez 9 poneys. © Journal of Animal Science


Lors de précédentes études menées chez l’Homme et la souris, un vaccin a par ailleurs été mis au point, associant GIP à des molécules de type virus (VLP-GIP). Les souris obèses ayant reçu une injection ont alors perdu du poids, malgré une alimentation demeurée riche**.


Le travail des scientifiques sur le peptide insulinotrope dépendant du glucose (GIP) est une touche d’espoir pour les propriétaires de chevaux atteints de troubles métaboliques, car il pourrait mener prochainement à l’élaboration d’un traitement efficace. Pour cela, des études approfondies doivent encore être menées.



Sources et références :

M. H. Kheder, M. N. Sillence, L. M. Bryant, M. A. de Laat; The equine glucose-dependent insulinotropic polypeptide receptor: A potential therapeutic target for insulin dysregulation, Journal of Animal Science, Volume 95, Issue 6, 1 June 2017, Pages 2509–2516,

*McGowan C., 2008,The role of insulin in endocrinopathic laminitis. J. Equine Vet. Sci.28:603–607-doi: 10.1016/j.jevs.2008.08.004

** Fulurija, Alma, Lutz, Thomas, Sladko, Katja, Osto, Melania, Y Wielinga, Peter, Bachmann, Martin, Saudan, Philippe, Vaccination against GIP for the Treatment of Obesity, PloS one, 2008, 10.1371/journal.pone.0003163

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