Ne laissez pas votre chat souffrir de lipidose hépatique

Par Virginie Sowinski, le mardi 13/03/2018 à 14h28

La lipidose hépatique est une maladie grave, qui peut avoir de funestes conséquences pour l'animal qui en est atteint. Si elle peut être le fait d'une pathologie sous-jacente, elle peut aussi être le fruit d'une mauvaise gestion de l'animal. On vous en dit plus sur cette maladie du félin et sur les situations à risques.

Prévenir la lipidose hépatique du chat

La lipidose hépatique est un excès de graisse au niveau du foie. Si on la retrouve souvent lors d'insuffisance hépatique, cette maladie grave peut tout aussi bien apparaître chez un animal qui modifie brusquement son apport alimentaire. Il faut être vigilant, car les signes de maladie apparaissent lorsque plus de 50 % des cellules du foie sont atteintes.


Dans quels cas simples une lipidose hépatique peut survenir ?

Un chat bien portant peut développer une stéatose du foie. Par exemple, un félin en surpoids auquel on diminue drastiquement la ration, dans le cadre d'un régime, se retrouve obligé de puiser dans ses réserves de graisse pour obtenir de l'énergie. Certes, il maigrit, mais une telle quantité de lipides ne peut être métabolisée par le foie. L'organe les stocke alors à s'en rendre malade.

C'est ainsi qu'un régime sans suivi vétérinaire, un changement d'aliment fait sans transition ou un stress, peuvent aboutir à un arrêt ou une diminution trop brutale de la prise alimentaire et donc entraîner une lipidose hépatique. Dans d'autres cas, c'est une maladie autre qui provoque l'anorexie du chat, et en suivant, la lipidose hépatique.


Quand s'inquiéter ?

Le chat atteint de lipidose hépatique peut être un animal en surpoids qui maigrit, un individu dont le propriétaire se rend compte qu'il mange moins depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines. Dans certains cas, mais ce n'est pas systématique, le chat vomit ou souffre de diarrhées, son poil devient terne et si on regarde le blanc de ses yeux, on se rend compte qu'il a jauni. Cet ictère, ou jaunisse, est constaté dans 70 % des cas de lipidose hépatique. Dans de rares situations, le félin peut baver, être moins vif que d'ordinaire ou avoir ses pupilles dilatées. Il s'agit des signes cliniques d'une encéphalose hépatique pour laquelle on peut craindre une dégradation sur le plan neurologique.

Il est primordial de veiller à l'hydratation du chat, souvent déshydraté et en carence de minéraux : en potassium pour 30 % des cas, magnésium dans 28 % des cas et en phosphate dans 17 % des cas.

D'autres symptômes apparents peuvent relever d'une autre affection, peut-être celle à l'origine de l'anorexie. N'hésitez pas à en prendre note pour votre vétérinaire.

Avis aux propriétaires de chats : si vous constatez une modification de la prise alimentaire chez votre chat, s'il ne mange plus ou très peu, n'attendez pas et prenez rendez-vous chez votre vétérinaire. Plus la prise en charge de la lipidose est précoce, meilleures sont les chances de survie de votre compagnon, pour une maladie dont le pronostic vital est réservé "


Mon chat va-t-il survivre ?

Le chat atteint de lipidose hépatique nécessite une prise en charge en clinique vétérinaire. Il devra être mis sous perfusion, recevoir des électrolytes, et être sondé afin d'être réalimenté progressivement. Une hospitalisation qui peut durer entre 3 et 6 semaines, jusqu'à ce que le patient reprenne de lui-même son alimentation. Si la lipidose hépatique est décelée et traitée très tôt, et s'il n'y a pas d'autre maladie associée, le chat a de 80 à 88 % de chance de survivre. Le pronostic vital d'un chat atteint de lipidose hépatique dépend de bien des paramètres tels que son âge, son état général, la présence d'une autre affection ou encore son taux d'hématocrite.


La lipidose hépatique est une maladie peu connue des propriétaires et souvent sous-diagnostiquée. Elle représente pourtant un risque réel chez le chat, et peut toucher tous les animaux, dont les mieux soignés et les plus choyés. C'est pour cela que dès que le chat cesse de s'alimenter, il convient de réagir rapidement, pour ne pas qu'il souffre de cette affection.



Source : Le Point Vétérinaire

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