Votre chien aboie tout le temps : comment gérer les aboiements excessifs ?

Par Virginie Sowinski, le jeudi 15/02/2018 à 17h53

Certains chiens aboient au moindre bruit, ou hurlent à la mort sans interruption dès qu’ils sont laissés seuls. Un comportement gênant pour le propriétaire, le voisinage, et pour la relation Homme/animal qui en ressort souvent altérée. Le Dr Christophe Blanckaert, vétérinaire à la clinique Les Margats (62), nous aide à comprendre le phénomène et évoque les pistes pour aider chiens et maîtres à sortir de l’impasse.

Mon chien aboie tout le temps ? Les conseils pour l'aider.

Comment le chien communique-t-il ? C’est en répondant à cette question que l’on entrevoit les réponses. Car, le chien communique peu verbalement et c’est par le non verbal qu’il interagit le plus avec son environnement. Les vocalises sont donc limitées à l’avertissement (par des aboiements brefs), aux manifestations de joie (jappements), ou à l’expression d’une détresse (le hurlement). En dehors de ces situations, tout aboiement excessif doit être entendu comme un symptôme dont la cause doit être traitée.


Réinventer la communication Homme/animal

« Dans la nature, l’aboiement est un signe d’alerte. Pour le chien domestique, il peut être le signe d’un problème de communication avec l’Homme », nous explique le Dr Blanckaert.

Lorsqu’un chien aboie et que le maître veut que cela cesse, il ne doit pas renchérir en « aboyant » à son tour sur le chien. En d’autres termes, il faut éviter autant que possible de réagir verbalement. Dans un premier temps, il convient d’ignorer la sollicitation de l’animal. S’il n’obtient pas de réponse, le chien finit par arrêter d’aboyer et le trouble s’estompe de lui-même. Si cela ne suffit pas et que les aboiements perdurent, on peut ajouter le regard et le geste (indiquer fermement sa panière au chien, taper du pied, etc.). Tout autre mouvement disruptif, qui viendrait interrompre la séquence d’aboiement, peut aussi être envisagé (jeter une balle par exemple).


Éliminer la cause médicale

Certaines affections peuvent pousser le chien à exprimer un mal-être, une douleur. Il prévient de son inconfort. C’est le cas notamment pour les chiens arthrosiques (auxquels on peut donner des antioxydants en complément, comme des Omega-3, du curcuma, de la spiruline, etc.) ou encore pour les individus âgés souffrant de dépression d’involution. Il convient donc de consulter un vétérinaire pour s’assurer que ce qui provoque l’aboiement n’a pas une origine médicale. Le praticien pourra, le cas échéant, conseiller l’intervention d’un comportementaliste et prévoir un suivi en parallèle (traitement, en allopathie ou en phytothérapie, homéopathie, etc.).



Aboiements excessifs : quand les angoisses submergent le chien

Si la cause n’est pas médicale, elle peut être le fruit d’un débordement émotionnel, d’angoisses, que l’animal n’arriverait pas à gérer. Plus le comportement est installé et plus le travail à mettre en place pour l’enrayer est long et approfondi.

Les colliers anti-aboiements sont à éviter, ils sont d’ailleurs interdits dans certains cantons suisses. Ceux diffusant des huiles essentielles sont moins agressifs que les colliers électriques, mais le niveau de stimulation émotionnelle du chien est souvent trop élevé pour que cela fonctionne. La violence est à proscrire à tout prix, car elle augmente l’émotion d’un chien qui a déjà du mal à gérer celle qu’il ressent.


Pour les individus qui aboient lorsqu’ils restent seuls, il existe cependant des dispositifs à base de phéromones (type ®Adaptil) qui agissent sur l’anxiété. En collier ou en diffuseur, les phéromones peuvent aider l’animal à diminuer son stress, avec une incidence positive sur les vocalises. Avec une efficacité variable, il est également possible de laisser un fond sonore (radio, télévision) pour que le chien se sente moins seul, lui laisser une peluche ou un chiffon avec l’odeur rassurante du propriétaire, lui offrir la compagnie d’un autre animal, etc. Il est impératif d’apporter des points d’équilibre à un environnement qui pour lui ne l’est pas.



Le chien, fait pour rester seul ?

La fréquence de ces manifestations doit nous pousser à nous interroger : le chien est-il fait pour rester seul ?

Le Dr Christophe Blanckaert pointe alors du doigt un élément essentiel. « Le chien est un animal de meute, il a un besoin naturel de compagnie. Dans la nature, cet animal n’est jamais seul et l’apprentissage de la solitude est paradoxal pour un animal de groupe. »

Cette question recentre le débat sur le bien-être animal. Si certains chiens hurlent dès qu’ils sont laissés 5 minutes, d’autres passent leurs journées seuls. Or, la démarche d’adopter un animal doit se faire en fonction du cadre que l’on est en mesure de lui offrir, selon les besoins physiologiques propres à son espèce.


L’aboiement excessif est avant tout un signe de mal-être. Qu’il soit physique ou comportemental, il doit être pris au sérieux et traité en rapport avec son origine, avec l’aide d’un vétérinaire et d’un comportementaliste lorsque cela est nécessaire.

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