Animal sauvage blessé : voici ce qu’il vous faut faire

Par Virginie Sowinski, le jeudi 09/11/2017 à 22h59

Trouver un petit mammifère sauvage ou un oiseau blessé peut arriver à n’importe qui. La conscience pousse souvent les promeneurs à ramasser l’animal pour lui porter secours. Et ensuite ? Que faire avec un animal sauvage blessé ? Réponses.

Animal sauvage blessé, que faire ?

Lorsqu’un particulier trouve un animal sauvage blessé, il n’a pas le choix : il doit le conduire au plus vite chez un vétérinaire. En effet, la détention d’espèces sauvages est interdite en France et garder un tel animal (du petit oiseau au lapin, en passant par le hérisson) est pénalement répréhensible, même si ce dernier est blessé. La loi fait cependant une exception : l’instruction PN/S2 n° 93-3 du 14 mai 1993 permet aux particuliers trouvant un animal de le transporter dans les plus brefs délais chez un vétérinaire ou un centre de soins habilité, si aucune autre solution de transport ne semble pouvoir être envisagée.

Prendre soi-même en charge un animal sauvage blessé, chez soi, est interdit. Au-delà de l’aspect légal, les gestes et les soins étant dépendants des espèces et des blessures, tout individu prendrait le risque de menacer un peu plus la survie de l’animal par des actes inappropriés. La dimension de risque épidémiologique n’est pas non plus envisagée par le particulier alors qu’elle est bien réelle. En prenant la décision d’emmener l’animal chez le vétérinaire ou dans un centre de soins, les bons samaritains optimisent les chances de survie de l’animal, restent dans la légalité et permettent au professionnel de santé de faire une veille des risques de maladies.


Vétérinaire : quels droits ? Quels frais ?

Les personnes sont parfois réticentes à amener un animal sauvage blessé chez le vétérinaire, par peur d’en assumer les frais. Pourtant, c’est gratuit. Le vétérinaire ne peut pas demander à être payé pour un animal qui, en droit français, n’appartient à personne. Néanmoins, il peut accepter une participation financière si elle lui est proposée.


Déposer un animal sauvage blessé chez le vétérinaire ne vous coûtera rien, c’est gratuit »


Le vétérinaire pourra alors soigner la bête avant de la transférer vers un centre de soins de la faune sauvage, qui effectuera la convalescence et le relâcher. Des centres qui, hélas, n’existent pas dans tous les départements. Une faille puisque légalement, le vétérinaire n’a pas le droit d’assurer la convalescence de l’animal. Il doit se contenter de pratiquer les soins médicaux ou euthanasier l’animal si ce dernier a besoin de repos après intervention et qu’aucun centre n’est en mesure de l’accueillir.

Un non-sens qui met à mal le serment déontologique auxquels sont soumis les vétérinaires, qui sont censés porter assistance à tout animal en détresse. Toutefois, certains praticiens passent outre l’interdiction et apportent leur soutien aux animaux sauvages blessés, jusqu’à ce qu’ils puissent être relâchés. Des professionnels impliqués, des superhéros pour le quotidien des animaux.


Si vous rencontrez un animal sauvage blessé ou un petit qui ne serait pas encore sevré, n’hésitez pas et foncez chez un vétérinaire. Rien ne vous sera demandé financièrement et vous optimiserez ses chances de survie.



Source : La Semaine Vétérinaire 

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