Ne les écrasez pas ! Ces araignées qui pourraient sauver des vies

Par Virginie Sowinski, le samedi 08/08/2015 à 08h00

Vous l’auriez chassée, gazée ou écrasée ? Mauvaise idée. Des chercheurs de l’université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande, révèlent dans une étude publiée en juillet 2015 qu’une araignée, Evarcha culicivora, pourrait aider à lutter contre le paludisme, responsable de 500.000 morts par an dans le monde, en majorité des enfants.

araignée en chasse. © Laurent F. PhotographiesAraignée en chasse. © Laurent F. Photographies


Evarcha culicivora est une araignée qui pourrait sauver des vies. Vivant sur le pourtour du lac Victoria en Afrique de l’Est et en Malaisie, elle se nourrit de moustiques femelles, responsables de la transmission de la Malaria (ou Palu). Pourquoi le moustique femelle exclusivement ? Si cette araignée est inoffensive pour l’Homme, elle est friande de son sang, que l’on retrouve dans l’abdomen des moustiques femelles ayant déjà piqué. C’est d’ailleurs la première fois qu’est mise en évidence une espèce animale qui chasse en fonction de ce que mange sa proie. Une aubaine pour l’Homme, car laissée sur les murs des maisons où elle séjourne, cette araignée pourrait aider à lutter contre le paludisme.


Les gens doivent savoir que ces organismes sont sans danger et qu’ils ne vont pas les attaquer ». F. R. Cross


En France aussi, les araignées ont leur utilité

Si nos araignées européennes ne luttent pas contre des maladies infectieuses, elles ne sont pas moins nécessaires à l’équilibre de notre biodiversité :

- Elles régulent les populations d’insectes. Une araignée dans une prairie prend ainsi en moyenne 900 insectes dans sa toile au cours de sa vie.

- Dans les maisons, elles tiennent à distance les blattes et les moustiques dont elles se nourrissent.

- Elles font partie de la chaîne alimentaire et nourrissent d’autres espèces animales, comme le hérisson qui est une espèce protégée.


Et pourtant l’araignée est une mal-aimée, victime des pesticides et de la peur qu’elle inspire à tort dans nos sociétés.

Il n’est cependant pas nécessaire de l’aimer pour la respecter. Il suffit de comprendre que comme toutes les espèces, l’araignée a son utilité et que sa disparition pourrait être préjudiciable à la nature et conduire à un déséquilibre. Si vous en voyez une chez vous, pensez-y : ne la tuez pas. Couvrez-la d’un verre, faites passer une feuille dessous puis relâchez-la simplement à l’extérieur.





Sources :

- « Mosquito-terminator spiders and the meaning of predatory specialization », R. R. Jackson, F. R. Cross, Journal of Arachnology, Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande), 2015.

- OPIE – Office pour les insectes et leur environnement

- « Les pesticides et la perte de biodiversité », Richard Isenring, PAN Europe, mars 2010.

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