Les conseils pour rendre votre perroquet apprivoisé heureux

Par Virginie Sowinski, le mardi 18/07/2017 à 23h39

Une cage, quelques jouets, des graines… Est-ce suffisant pour rendre un perroquet heureux ? Pas du tout. Les psittacidés sont des animaux apprivoisés dont les besoins éthologiques sont plus complexes que ce qu’imaginent bon nombre de propriétaires. Alors que des conditions inadaptées favorisent le picage et autres maladies, comment fournir à son oiseau un environnement propice à son bonheur ? Explications.

comment rendre son perroquet heureux

Comprendre le perroquet dans la nature

Quelle que soit l’espèce et les contrées dans lesquelles ils vivent naturellement, les perroquets sont des animaux diurnes, sociaux et territoriaux, qui vivent en groupes de différentes tailles, allant du couple à des centaines d’oiseaux. Ils passent entre 4 et 6 heures par jour à chercher de la nourriture, ce qui leur fait dépenser une grande énergie physique, mais aussi cognitive, puisque le fourragement permet de stimuler leur cerveau. La toilette prend aussi beaucoup de temps dans la journée d’un perroquet puisque ce dernier y consacre entre 2 et 4 heures. Une activité qui limite le parasitisme et entretient le plumage, assurant ainsi la communication avec les congénères et la régulation thermique. Les zones du corps difficiles d’accès sont nettoyées par un autre perroquet : le grooming renforce par la même occasion le lien social. Des échanges avec les autres individus du groupe qui représentent environ 10 à 40 % du temps d’éveil des psittacidés.

Le reste de la journée est parsemé de siestes, de baignades, de jeux et mordillages, et de quelques vocalises (2 à 5 % du temps).


Comment faire le bonheur de son perroquet ?

Le bonheur d’un psittacidé ne dépend pas de considérations humaines, mais du comportement le plus proche de celui que l’oiseau aurait au naturel. Il convient donc d’adapter l’environnement pour son bien-être :


  • - Le perroquet doit assouvir ses besoins sociaux, soit par l’adoption de plusieurs individus, soit en lui consacrant du temps et beaucoup d’attention : activités humain/oiseau, stimulation sonore, soin des plumes, etc.
  • - Les cycles jour/nuit de l’oiseau doivent être respectés. Ne pas le laisser dans une pièce où la lumière reste allumée une bonne partie de la nuit sans qu’il ne puisse s’en soustraire et le laisser dormir). L’animal doit pouvoir bénéficier d’une lumière naturelle en journée.
  • - La cage doit être grande : le perroquet doit pouvoir bouger, étendre les ailes, jouer, se percher, se cacher, etc. Elle doit être placée en hauteur, avec des zones de cachettes (idéales en cas de stress ou pour faire la sieste en journée à l’abri de la lumière.
  • - Il est primordial de faire de l’espace de vie du perroquet un espace de jeu et d’activité, notamment en l’absence du propriétaire. Placer plusieurs distributeurs de nourriture, cacher des friandises, proposer des aliments à décortiquer peuvent faire partie du fourragement et éviter l’ennui. Des jeux peuvent aussi être ajoutés, ainsi qu’une petite bassine pour d’éventuelles baignades.
  • - Limiter les changements ou les introduire progressivement. Les perroquets sont généralement angoissés face à ce qui leur est inconnu, que ce soit un nouveau lieu de vie, de nouveaux oiseaux, de nouveaux jeux, etc.
  • La nourriture doit être adaptée et pas trop grasse. Attention notamment aux graines de tournesol.



Les perroquets sont très sensibles au stress, souvent causé par un environnement peu approprié. Ces conditions de vie ont un effet négatif sur la santé et la durée de vie des animaux concernés : cela se traduit par des maladies, du picage et une augmentation des vocalises.


Source : 

- Dr Franck Péron, vétérinaire spécialiste européen en science du bien-être animal, pour La Semaine Vétérinaire.

Ces articles pourraient également vous intéresser