La perte de poids, l’indice à surveiller pour la santé et la survie de votre chat

Par Virginie Sowinski, le mardi 20/06/2017 à 08h03

On peut anticiper la maladie, et même la mort d’un chat avant les premiers symptômes de l’insuffisance rénale. Comment ? Une étude de 2016 a étudié l’évolution du poids des félins avant et après diagnostic, jusqu’à leur décès. Des résultats étonnants qui pourraient aider à une prise en charge précoce de l’affection. Explications.

Prédire à l'avance la maladie et la mort d'un chat par la perte de poids

Une étude publiée fin 2016 s’est penchée sur la relation entre le poids du chat avant et après diagnostic et le temps de survie lors d’une insuffisance rénale chronique.

En suivant les cas de 569 félins (55,5 % de femelles et 44,5 % de mâles) âgés de 5 à 22,8 ans et diagnostiqués en moyenne vers 15 ans (14,9) sur les stades 1 à 4 du barème IRIS (International Renal Interest Society), les chercheurs se sont rendu compte que les animaux avaient commencé à maigrir 3 ans avant le diagnostic de la maladie. Sur l’année qui le précède, les chats auraient perdu en moyenne 8,9 % de leur poids et cette chute se serait accélérée après la révélation de l’affection.


Des données qui pourraient aider les propriétaires à déceler les premiers signes d’une insuffisance rénale chronique chez leur chat, avant même que les symptômes ne soient apparus.


« L’astuce, c’est de peser son chat une fois par an. Lorsqu’on note une perte de poids qui avoisine 5 % de la masse de l’animal, c’est un signe d’appel qui doit conduire à une consultation », nous conseille le Dr Christophe Blanckaert, vétérinaire.

Une nouvelle technique d’analyse, le SDMA (biomarqueur de la fonction rénale), serait ainsi sûrement plus appropriée pour un dépistage précoce de l’affection qu’un test de créatinine : le SDMA peut soulever le problème rénal dès 25 % de perte de la fonction, alors que la créatinine ne repère la maladie que lorsque l’animal perd 75 % de sa fonction rénale.

Il est conseillé de ne pas attendre lorsque l’on constate que son chat maigrit. Si le poids médian dans l’étude est de 4,2 kg, les animaux pesant moins vivraient moins longtemps que ceux pesant plus. Même constat pour les animaux diagnostiqués à un stade avancé (3-4 sur le barème IRIS) par rapport à ceux diagnostiqués à un stade moins évolué de la maladie (stades 1-2).


Alors que les félins atteints d’insuffisance rénale meurent en moyenne 17,7 mois après que leur maladie ait été découverte, mettre en place tous les moyens de dépistage précoce pourrait participer à l’augmentation de la durée de vie des animaux.  


Sources : 

Freeman LM, Lachaud M ‐P., Matthews S, Rhodes L, Zollers B. Evaluation of Weight Loss Over Time in Cats with Chronic Kidney Disease. Journal of Veterinary Internal Medicine. 2016;30(5):1661-1666. doi:10.1111/jvim.14561.


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