Bons ou mauvais ? Les effets de la douche sur la santé du cheval

Par Virginie Sowinski, le mardi 13/06/2017 à 15h56

Quelle satisfaction d’avoir un cheval propre, à la robe luisante !  Pour cela, le meilleur moyen reste la douche, parfois avec des shampoings variés : pour les robes claires, contre les insectes, pour lustrer le poil, etc. Est-ce bénéfique pour le cheval ? Comment la douche agit-elle sur l’animal et quels sont les risques pour sa santé ? Réponses.

Faut-il doucher son cheval ?

L’épiderme, la couche supérieure de la peau, est un univers plus complexe qu’il y paraît et dont l’équilibre est fragile. On y retrouve les follicules pileux, les peaux mortes et le sébum, qui forment une barrière protectrice face aux agressions extérieures et aux infections, et qui ont en plus un rôle thermorégulateur. Mais ce n’est pas tout. La peau du cheval est naturellement peuplée de douzaines de bactéries, de virus et d’une trentaine d’organismes fongiques (champignons). On y rencontre ainsi des staphylocoques (spp et doré), des streptocoques, des bactéries Aspergillus, Malassezia ou encore Candida. Tout un microbiote inquiétant et pourtant tout à fait normal qui prévient, par l’équilibre des diverses populations, l’installation d’autres colonies pouvant déclencher une maladie.


Or, doucher son cheval en utilisant des shampoings, ou même le rincer trop souvent, peut altérer cet environnement microbien et menacer son équilibre. Les produits du commerce contiennent en effet des ingrédients cosmétiques chimiques pouvant irriter la peau ou causer des allergies, à l’instar du sodium lauryl sulfate, des conservateurs comme le methylchloroisothiazolinone ou encore de certains parfums de synthèse, par exemple le butylphenyl methylpropional.

Utilisés très occasionnellement les shampoings peuvent aider à débarrasser le cheval des résidus secs de transpiration, de crasse et de poussière. Plus régulièrement, cela peut avoir des conséquences sur la santé de l’équidé : privée de sa barrière protectrice naturelle, la peau peut être irritée, faire des pellicules et démanger. Le cheval peut même développer des dermatites à staphylocoques ou présenter des lésions dues au grattage.

Malgré sa part de culpabilité, rarement l’excès d’hygiène est pointé du doigt. Pensant bien faire, le propriétaire augmente alors le nombre de douches pour nettoyer les zones atteintes et tenter de guérir l’affection, en parallèle de l’administration d’antibiotiques et médicaments, qui peuvent de leur côté affaiblir la barrière immunitaire.

Faut-il doucher son cheval ?


Nos conseils pour la santé de votre cheval

Il est important de nettoyer un cheval régulièrement, notamment après l’avoir monté, pour vérifier qu’il ne présente aucune blessure, piqûre, abcès et pour le débarrasser des saletés diverses. Mais nettoyer un cheval ne veut pas dire systématiquement le laver et encore moins avec du shampoing. Il peut suffire de le brosser.

Si le rinçage peut être plus fréquent lors de fortes chaleurs, l’utilisation de produits nettoyants doit demeurer ponctuelle, pas hebdomadaire, ni journalière.

Par ailleurs, d’autres produits peuvent être irritants. Certaines personnes utilisent de l’alcool (camphré, à 90° ou à brûler) pour faire sécher les chevaux plus rapidement après la douche. Cette pratique est à proscrire, pour ne pas agresser la peau. Mieux vaut laisser le cheval sécher naturellement au soleil.*


L’humain a pris l’habitude de se doucher quotidiennement, voire plusieurs fois par jour. Il est cependant déconseillé de reporter sur son cheval l’hygiène que l’on s’applique à soi-même. Si une tache persiste sur la robe après le brossage (notamment sur les robes claires), si le poil ne brille pas ou s’il ne sent pas la rose au quotidien, ce n’est pas grave. Il convient de faire la part des choses, entre anthropomorphisme, animal idéalisé et réalité…pour sa santé.


Source : Dr Stacey Oke, vétérinaire, pour The Horse

*NB Pour les chevaux qui sont rentrés au box, il est impératif que le cheval soit sec. Une humidité persistante peut aussi être source d’irritation cutanée ou d’infection.

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