Comment prévenir et soigner la dermite estivale chez le cheval ?

Par Virginie Sowinski, le mardi 09/05/2017 à 14h39

La dermite estivale est une affection cutanée qui se manifeste d’avril à septembre chez les chevaux allergiques à la piqûre d’un insecte, le moucheron culicoïde. Si une étude a déjà révélé un lien entre un gène spécifique et la sensibilité à la dermite, il n’y a pas encore sur le marché de remède miracle. Cependant, quelques astuces peuvent permettre de limiter l’action des moucherons et apaiser les démangeaisons.


Prévenir et soigner la dermite estivale chez le cheval

En prévention

- Il existe des couvertures anti-insectes permettant de protéger les chevaux des piqûres. Par ailleurs, une étude de 2014* a montré que les rayures du zèbre pouvaient le prémunir contre les insectes piqueurs, notamment le moustique et la mouche tsé-tsé. Une robe rayée les attirerait moins et c’est sur ce constat que se sont développées sur le marché des couvertures à motifs rayés. Certaines couvertures sont également imprégnées de répulsif.

- Retirez les sources d’eau stagnante, susceptibles d’attirer les insectes. Ce biotope est d’ailleurs particulièrement favorable à la reproduction des moustiques.

- Valorisez la présence d’oiseaux tels que les hirondelles, qui se nourrissent des mouches et moucherons. Ces dernières affectionnent les vieilles poutres pour nicher, que l’on trouve assez facilement dans les vieilles écuries.  Le SEPOL, association de loi 1901, propose également des astuces pour aider ces oiseaux.

- Rentrez les chevaux pendant les heures les plus chaudes de la journée et allumez des ventilateurs dans leur direction. Les insectes piqueurs sont de piètres volants qui sont gênés par les mouvements d’air.

- Ajoutez des pièges à taons, à mouches, qui doivent être positionnés de manière à détourner les insectes de l’animal (à proximité donc, sans que cela soit à portée du cheval).


Pour soulager les démangeaisons et limiter les lésions

- Une étude de 2002** suggère que la supplémentation en oméga 3 (450 g/j de graines de lin broyées ont en l’occurrence été utilisés) pourrait avoir une incidence sur le degré d’inflammation de la zone prurigineuse, avec des lésions moins importantes pour les chevaux complémentés. Les résultats seraient observables après un mois et demi environ (contrôle à 42 jours dans l’étude).
N.B Si vous utilisez la graine de lin comme source d’apport en oméga 3, ne dépassez pas certaines doses ou faites-la bouillir, car elle peut être toxique.

- Doucher au tuyau peut soulager le cheval. L’eau suffit, nul besoin d’utiliser des produits qui pourraient fragiliser les barrières protectrices de la peau. Laissez votre cheval se rouler par la suite, idéalement dans de la terre ou du sable, afin de créer une protection supplémentaire naturelle contre les insectes.


Si malgré tous vos efforts votre cheval continue de se gratter jusqu’à se blesser, vous devez contacter un vétérinaire qui pourra mettre en place un protocole pour le soulager : vous pourriez ainsi utiliser de l’homéopathie, de l’aromathérapie, ou encore appliquer des crèmes antihistaminiques.


Sources et références : 

- * Caro T. , Izzo A. , C. Reiner R. Jr. , Walker H. , Stankowich T. , The functions of zebra stripes, 2014, Nat. Commun. 5:3535 doi: 10.1038/ncomms4535.

- Vidéo du Dr. L. White, Equine Veterinary Seminars, "Insect bite hypersensibility".

- ** O’Neill W, McKee S, Clarke AF. Flaxseed (Linum usitatissimum) supplementation associated with reduced skin test lesional area in horses with Culicoides hypersensitivity. Canadian Journal of Veterinary Research. 2002;66(4):272-277.


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