Faites votre propre paddock paradise et offrez le meilleur à votre cheval !

Par Virginie Sowinski, le lundi 31/10/2016 à 06h56

Abordé lors des Journées du bien-être et des soins du cheval au naturel qui se sont déroulées le 16 octobre, le choix de l’habitat est l’un des paramètres pouvant avoir une incidence sur le moral des équidés et sur leur santé.  Gros plan sur le système du paddock paradise, le must pour proposer à son cheval un lieu de vie et un environnement au plus proche de ses besoins naturels.

Faites votre propre paddock paradise

« Pour un cheval heureux, il faut 1 hectare de terrain », une phrase qui sonne comme un adage et qui n’est pas forcément vraie, car l’agencement et le cadre de vie offert sont plus importants que la superficie. Ainsi, on peut organiser sur quelques milliers de mètres carrés un lieu de vie idéal pour plusieurs équidés. C’est ce que l’on appelle le paddock paradise, une surface optimisée et pensée en fonction des besoins naturels de l’animal.

Un habitat stimulant qui doit envisager le cheval dans sa globalité : alimentation, déplacement, stimulation, comportement grégaire, pieds nus.


Faites votre propre paddock paradise

Il n’est pas nécessaire d’avoir plusieurs hectares pour confectionner son propre paddock paradise, ni d’investir des sommes colossales. En recyclant et en étant ingénieux la construction d’une telle installation ne peut coûter que 500 à 1000 euros de plus qu’un parc classique.

« Pour ma pension en paddock paradise, qui devait répondre à des règles de sécurité plus strictes que celles appliquées à un particulier, je n’ai dépensé que quelques milliers d’euros. » nous confie Marie-Laure Guénot, propriétaire des Écuries du Grand Vallat.

La consigne de base serait la suivante : si l’on part d’un pré rectangulaire simple, il convient de couper les coins à l’aide de fils (ou d’une végétation dense sur les côtés) pour créer de larges couloirs et des zones plus étendues. Les voies ainsi tracées doivent mener à différents points de ressources (foin, eau), ou de jeu (sable pour se rouler, buttes, mare). L’ensemble peut être agrémenté d’obstacles, d’enrichissements pour stimuler les chevaux.

Image titleExemple de paddock paradise, par Marie-Laure Guénot © Marie-Laure Guénot Écuries du Grand Vallat et Terre et chevaux, agroécologie équine.


Paddock Paradise : respecter le besoin de mouvement

Sur un pré traditionnel d’un hectare, les chevaux n’exploitent jamais complètement la surface octroyée et se déplacent peu. Les ressources sont souvent au même endroit et lorsque les points d’eau et le foin sont éloignés, un trajet en ligne droite suffit à aller d’un bout à l’autre. Le paddock paradise, grâce à ses couloirs, oblige le cheval à se déplacer plus et optimise la surface.

Des couloirs ne vous semblent pas adéquats pour votre cheval ? Sachez que dans le milieu naturel, il a été observé que les chevaux empruntaient toujours les mêmes chemins pour aller à leurs points de ressources, comme nous le faisons nous-mêmes lorsque nous partons nous balader. L’utilisation de couloirs semble alors appropriée.


Sur 24 h, dans un paddock paradise de 4000 m2, les enregistrements ci-dessous ont révélé que les chevaux parcouraient en moyenne 8 km.

Déplacements sur 24 h de chevaux mis en paddock paradise. © Viva Ranch - Youtube.


Paddock paradise : du slow feeding à volonté !

La nourriture à volonté, parsemée à plusieurs endroits du terrain, est parfaite pour la santé et le mental des chevaux.

Le foin à volonté est souvent un sujet d’inquiétude pour le propriétaire qui y voit un risque de surconsommation et de surpoids pour le cheval, et donc potentiellement une perte financière. Pourtant, c’est l’inverse qui se produit. Il a été prouvé que le foin à volonté permettait de réguler le cheval ayant tendance à l’embonpoint et de faire reprendre du poids au cheval qui en aurait besoin. Pour cela, on recommande l’utilisation de filet à petites mailles, qui en plus de l’argument sécurité* pousse cheval à manger par petites quantités, à mastiquer plus et donc à mieux métaboliser la nourriture ingurgitée.
On observe avec ce système moins de tics (à l’ours, à l’air), moins de fourbure, d’obésité, d’obstruction oesophagienne.


Si le filet est bien tendu, que le cheval n’a pas à appuyer dessus et que le propriétaire n’utilise pas de grille, les soucis de gencives parfois évoqués n’ont pas de raison d’être. Aucune étude à ce jour n’a démontré de lien entre gencives abîmées et filet à foin. L’hypothèse serait donc que les chevaux déclarant des problèmes gingivaux sont des individus ayant déjà une faiblesse sur le plan bucco-dentaire.


Et financièrement ? C’est aussi plus économique pour le propriétaire, car le cheval ne piétine pas son foin et ne le gaspille plus. Généralement, l’animal rationné qui passe à volonté mange beaucoup les premiers temps (de 1 mois à 1 an maximum), mais se régule par la suite et baisse de lui-même sa consommation, qui doit avoisiner les 2 à 2,5 % de son poids vif par jour.


Paddock paradise : un habitat idéal pour des chevaux pieds nus

Les différences de sols, de reliefs et la stimulation du pied par les déplacements sont des conditions optimales pour mettre un cheval pieds nus. 

Le pied fonctionne en permanence et peut ainsi se développer et se renforcer comme il le ferait dans le milieu naturel.

Par ailleurs, associé à une nourriture à volonté en filet, un terrain varié et une vie grégaire, les fers sont contre-indiqués : les chevaux peuvent se coincer et se blesser.


Paddock paradise : vie sociale et enrichissement du milieu

Le paddock paradise peut devenir un vrai terrain de jeu pour les chevaux et c’est dans ces conditions qu’ils s’épanouiront. S’agissant d’animaux grégaires, les espaces sont organisés pour des troupeaux et non des chevaux seuls. Ce paramètre est important pour l’équilibre de l’animal qui a besoin d’établir des échanges avec ses congénères.

Concernant le terrain, l’agrémentation avec des zones de sable pour se rouler ou se reposer, des buttes, des descentes, des cours d’eau, etc. stimule le cheval dans son quotidien. À noter qu’il est important, lorsque l’on installe un obstacle, de donner la possibilité au cheval de le contourner, ce qu’il fera s’il ne se sent pas capable de le franchir.

Des jeux sont aussi les bienvenus pour rendre le milieu attractif : grattoirs, jeux, écorces, pierres à sel, etc.


La mise en place d’un paddock paradise s’inscrit dans la recherche d’un bien-être maximal du cheval domestique : plus proche de ses besoins, il permet aussi de rééquilibrer le lien entre l’Homme et l’animal. Mieux dans sa tête avec un mode de vie plus adapté et plus stimulant, le cheval est souvent plus volontaire et moins contraint dans ses échanges avec l’humain.



* Avec un filet à petites mailles, le cheval ne prend pas le risque de se coincer les pieds. L’utilisation de filet est déconseillée avec des chevaux ferrés.  

Source : Marie-Laure Guénot, compte-rendu de la conférence qui a eu lieu le 16 octobre lors des Journées du bien-être et des soins du cheval au naturel.

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