Coliques chez le cheval : les conseils alimentaires en soins et en prévention

Par Virginie Sowinski, le vendredi 07/10/2016 à 08h00

Plusieurs facteurs environnementaux peuvent favoriser l’apparition de coliques chez le cheval, une urgence vétérinaire fréquente pouvant être mortelle. L’alimentation est alors un élément à ne pas négliger, en prévention pour éviter les crises, mais aussi a posteriori. Voici les conseils alimentaires pour un cheval en bonne santé.

Coliques : la bonne alimentation pour le cheval

Liste des aliments à risques dans l’incidence de coliques

Une bonne alimentation au quotidien limite les risques de coliques chez le cheval, dans la mesure où ce dernier évolue dans un environnement favorable et est suffisamment hydraté.

Ainsi, certains aliments à risques ont pu être isolés et doivent être évités :

  • - foin grossier ou moisi (risques de mycotoxines) ;
  • - mauvaise quantité (trop d’herbe riche ou au contraire pâture trop pauvre favorisant l’ingestion de terre)
  • - plus de 2,5 kg de grains ou de concentrés pour 100 kg de masse de cheval, par jour ;
  • - mauvais équilibre entre fourrages et concentrés ;
  • - distribution des repas trop espacée ;
  • - mauvaise hydratation, eau trop froide ou sale ;
  • - changement trop brutal d’alimentation (qui multiplie par 2 à 5 les risques de coliques).


Au vu de ces facteurs, il est recommandé de nourrir régulièrement les chevaux avec une alimentation de qualité et bien conservée, au moins à 60 % composée de fourrages.

Le foin à volonté est une alimentation appropriée, idéale.

Si le propriétaire tient à compléter l’alimentation du cheval avec des concentrés, la quantité idéale doit avoisiner les 2 kg par jour pour 100 kg de masse de cheval et doit toujours être fournie après la ration de fourrages.

Si un changement alimentaire doit être opéré, on conseille d’établir une transition sur 4 à 8 jours avec intégration progressive du nouvel aliment. La mise en pâture doit également être progressive au printemps

L’eau doit être fraîche, propre et à disposition permanente.

Enfin, tout changement dans l’environnement, l’activité ou l’alimentation du cheval doit inciter à la vigilance.


Alimentation : les conseils après une crise de coliques

Après une crise de coliques, il est conseillé d’observer une période de diète, moment délicat, car si elle semble nécessaire, elle peut présenter des risques si elle est trop prolongée : ulcères gastriques, baisse de la motilité intestinale, baisse des défenses immunitaires et des villosités intestinales, etc.

Pour ces raisons, il est recommandé de suivre un jeûne de 24 à 48 h maximum et de reprendre une alimentation normale dès la reprise du transit (crottin), des gargouillis intestinaux (borborygmes) et de l’appétit.


Cette réalimentation doit impérativement être progressive : d’abord l’eau puis environ 500 g de foin mouillé 4 à 6 fois par jour, avec augmentation graduelle pendant 3 jours jusqu’à un retour à la normale.

Les concentrés ne doivent être ajoutés qu’après, avec un ajout progressif sur 15 jours.
Même si la ration ne vous semble pas équilibrée durant cette transition, sachez que l’accent est mis sur la digestibilité de la ration plus que sur les apports.



La crise de coliques est une source d’angoisse pour tous les propriétaires de chevaux. La connaissance des bons gestes préventifs, et de ceux à avoir le moment venu, sont autant de paramètres pouvant limiter les risques et améliorer les chances de survie de l’animal.


Source : Alain Sensenbrenner, vétérinaire membre de la Commission vétérinaire équine (SNGTV) sur La Semaine Vétérinaire.

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