Affections rénales chroniques : votre chat est-il un patient à risques ?

Par Virginie Sowinski, le vendredi 10/06/2016 à 08h00

Environ 10 % des chats de plus de 10 ans développent une maladie rénale chronique, parfois mortelle. Une prévalence relativement élevée sur laquelle des scientifiques se sont penchés pour déterminer des facteurs à risques. Une étude qui devrait permettre de diagnostiquer plus tôt la maladie et de trouver de nouveaux traitements adaptés pour optimiser le pronostic vital des chats concernés.

Chat : les facteurs à risques pour une maladie rénale chronique

De précédentes études avaient déjà mis en évidence certains risques associés aux affections rénales chroniques, notamment du point de vue alimentaire, avec un régime alcalin (acide) et une nourriture industrielle trop riche en protéines et trop pauvre en potassium. Un déséquilibre de la ration qui conduirait également à une hypokaliémie.*

Les animaux souffrant de FIV, ainsi que certaines races, comme le Main Coon, l’Abyssien, le Siamois, le Bleu russe et le Burmese présenteraient un risque plus élevé de maladies rénales chroniques.**


Dans cette étude parue en mars 2016, de nouveaux facteurs ont été mis en évidence sur la base d’un questionnaire transmis à 148 propriétaires de chats âgés.

De nombreux paramètres ont été étudiés : la race, le sexe, l’environnement (urbain/rural, chat d'extérieur/intérieur), l’exposition à la cigarette, le régime alimentaire, des antécédents d’affections dentaires, la vaccination, etc.  

Ainsi, selon les résultats obtenus sur le modèle à risques proportionnels de la régression de Cox, les chats auraient une probabilité plus importante de déclarer une maladie rénale chronique lorsqu’ils ont déjà été sujets à un problème dentaire modéré à grave. L’âge est également un facteur clé, les risques étant plus élevés à mesure que l’animal vieillit.

Le dernier point soulevé par cette étude est la régularité de la vaccination. Les chats vaccinés tous les ans seraient plus touchés par les maladies rénales. Un lien avec les vaccins qui avait déjà été évoqué lors de précédentes études***.

Il serait donc prudent, pour chaque propriétaire, d’évaluer le risque de maladie avant de faire vacciner un chat (les chats d’intérieur étant moins exposés aux virus) ou d’en revoir la fréquence à la baisse, en accord avec le vétérinaire.



* Dibartola SP, Buffington CA, Chew DJ, Development of chronic renal-disease in cats fed a commercial diet, J. Am. Vet. Med. Assoc., 1993

** Lulich JP, Osborne CA, Obrien TD, Feline renal-failure – questions, answers, questions, Compend. Contin. Educ. Vet., 1992

     White JD, Malik R, Norris JM, Association between naturally occuring chronic disease and feline immunodeficiency virus infection status in cats, J. Am. Med. Assoc., 2010.

*** Lapin MR, Jensen WA, Jensen TD, Investigation of the induction of antibodies agains Crandell-Rees feline kidney cell lysates and feline renal cell lysates after parenteral administration of vaccines against feline viral rhinotracheitis, calcivirus and panleukopenia in cats, Am. J. Vet. Res., 2005

      Whittemore JC, Hawley JR, Jensen WA, Antibodies against Crandell-Rees feline Kidney (CRKK) cell line antigens, alpha-enolase, and annexin A2 in vaccinated and CRFK hyperinoculated cats, J. Vet. Intern. Med., 2010.



Source : Finch N.C., Syme H.M, Elliott J., Risk factors for chronic kidney disease in cats, Journal of Internal Medicine, 2016.

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