Cheval bloqué dans ses mouvements : et si c’était le syndrome sacro-iliaque ?

Par Virginie Sowinski, le mardi 17/05/2016 à 08h00

Dans de nombreux cas, la boiterie est le seul signe que repère un propriétaire dont le cheval souffre d’une atteinte biomécanique. Pourtant, certaines affections, comme le syndrome sacro-iliaque, ne se manifestent pas par une boiterie et passent inaperçues au regard humain, malgré la douleur et les blocages qui en résultent. Apprenez à observer votre cheval pour déceler cette pathologie et ne pas laisser son état se dégrader.

Un cheval bloqué dans ses mouvements, aux allures modifiées, peut souffrir d'un syndrome sacro-iliaque.

Qu’est-ce que le syndrome sacro-iliaque et qu’est-ce qui le provoque ?

On parle de syndrome sacro-iliaque pour une affection ligamentaire et osseuse qui touche le bas du dos du cheval, juste avant la queue. C’est là que se situent le pelvis et l’ilium, lui-même formé de 5 vertèbres assemblées pour former une seule masse solide. Ces deux os sont joints par des ligaments et le tout permet une absorption des chocs lors de la locomotion, une plus grande stabilité et un transfert de la force des postérieurs vers le dos pour accompagner le mouvement.

Le syndrome sacro-iliaque se manifeste à tous les âges et fait suite à une blessure ou une usure, parfois toute bête : le cheval glisse et s’étire un ligament. La situation est fréquente, anodine et pourtant, ce peut être le début du cauchemar. Comme le cheval ne boite pas après cet étirement ou cette déchirure ligamentaire, le propriétaire ne prête pas attention à l’événement. Le ligament endommagé, étiré, ne joue plus son rôle de soutien des os et l’arthrite commence à s’installer, certains os pouvant se fissurer. Sous la traction du ligament, des détachements osseux ont même déjà été observés. Plus le temps passe, plus les ligaments perdent leur flexibilité et le cheval se bloque, peut sembler bancal dans sa démarche.

Par ailleurs, il est fréquent de constater qu’une atteinte d’une partie de la région sacro-iliaque entraîne une souffrance telle que le cheval compense, sollicite à outrance d’autres ligaments et génère ainsi une deuxième lésion, sur une autre partie de la zone du sacrum et de l’ilium.
  

Quels paramètres favorisent le syndrome sacro-iliaque ?

Les chevaux qui sont montés varient généralement peu les disciplines et les sols sur lesquels ils s’entraînent : ce sont toujours les mêmes muscles, ligaments qui sont sollicités. De même, ils sont souvent « détendus » en longe, et la force exercée pour tourner en rond tire sur les ligaments. Cet ensemble de pratiques joue sur le physique et le mental du cheval et fragilise un organisme qui fonctionne normalement de manière globale.


Comment reconnaître le syndrome sacro-iliaque ?

Observez votre cheval. Si seul le vétérinaire peut poser un diagnostic, certains signes peuvent vous alerter. Il arrive que le cheval boite, mais ce n’est pas la majorité des cas rencontrés. Le signe le plus évocateur est une diminution de l’amplitude ou des capacités de l’animal. Il est limité dans son mouvement, dans ses exercices, il engage moins, change de rythme en fonction des voltes, est asymétrique dans ses allures jusqu’à, parfois, paraître ataxique.

On peut aussi parfois observer un trouble de la coordination et il galope en entraînant ensemble les postérieurs, comme le ferait un lapin. Le mouvement décomposé habituel de galop (postérieur, latéral, antérieur, phase de projection) n’est plus et les postérieurs bougent conjointement.

Un autre indicateur est son comportement vis-à-vis du pareur ou du maréchal-ferrant : l’animal exprime une gêne à rester sur un seul postérieur, à lever haut le pied, bouge ou, selon les caractères et le degré de douleur, peut essayer de botter le maréchal.

Le diagnostic du syndrome sacro-iliaque n’est pas simple et cette affection est rarement la première hypothèse soulevée par les praticiens. La douleur dorsale est reconnue, mais mal identifiée, mal située. N’hésitez donc pas à soulever l’hypothèse et à échanger avec votre vétérinaire.


Comment soigner un syndrome sacro-iliaque chez le cheval ?

Bonne nouvelle : pas besoin de chirurgie ! Le travail à pieds, le repos et un traitement adapté à chaque cas et évalué par un vétérinaire suffisent à soigner un cheval atteint de syndrome sacro-iliaque. L’animal retrouverait la totalité de sa mobilité dans près de 90 % des cas, même si ce peut être long.

Attention toutefois, ce programme de rééducation doit être personnalisé et conseillé par un vétérinaire avec un diagnostic avéré de la pathologie.


Le syndrome sacro-iliaque n’est réellement étudié dans la littérature scientifique que depuis 2003. Il est important de savoir observer son cheval et les signes de la maladie pour prévenir un vétérinaire. Plus la maladie est prise en charge tôt, meilleures sont les chances pour le cheval de retrouver une locomotion optimale et sans douleur. Échangez avec votre vétérinaire sur le sujet.




Source : The Horse, Guide to Equine Health Care, mai 2016

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