Nota Bene : ce que tous les propriétaires de chevaux devraient savoir

Par Virginie Sowinski, le lundi 02/05/2016 à 07h00

En 2015-2016, la Ligue pour la protection du cheval a constaté une hausse des dossiers de maltraitance. Parmi eux, de nombreux cas de négligence de la part de détenteurs de chevaux n’ayant pas de connaissances suffisantes pour leur apporter les soins adéquats. Voici le minimum à connaître pour garder un équidé en bonne santé.

Les connaissances de base de tout propriétaire de chevaux

Le cheval est un animal plus complexe à gérer qu’il n’y paraît pour le néophyte, et une connaissance approfondie du fonctionnement de son métabolisme et des affections fréquemment rencontrées est souvent gage d’un animal durablement en bonne santé.
Il est important de savoir reconnaître les signes de coliques, de fourbure, et d’avoir une connaissance suffisante pour identifier une baisse d’appétit, une boiterie, une fatigue inhabituelle, etc. Les chevaux, si grands et puissants soient-ils, sont des animaux fragiles.

La maltraitance va plus loin que ces quelques lacunes, car pour certains, les bases ne sont pas acquises : nourriture, eau, soins courants. C’est ainsi que l’on retrouve des chevaux mis en pâture dans un jardin et mourant de faim ou d’autres, laissés sans soins des sabots, jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus se déplacer.

« Et comment font-ils dans la nature ? » nous demande-t-on souvent. Ils ne sont pas dans la nature, ils n’ont pas l’espace suffisant pour trouver par eux-mêmes leur nourriture, ne parcourent pas les distances suffisantes sur des sols variés pour permettre la bonne usure de leurs pieds. Ces chevaux ne sont pas non plus issus de la sélection naturelle qui les rendrait plus forts à chaque génération pour survivre dans le milieu extérieur. Ces chevaux ont pour la plupart subi les modifications de race pour coller aux besoins des humains plus qu’à leur santé. Ces chevaux ne sont pas pour autant des mobylettes et sont sous la responsabilité de ceux qui les prennent.


Voici donc le minimum à savoir lorsque l’on possède un cheval :


- L’alimentation du cheval doit être composée en grande majorité de fourrages et on estime que le cheval consomme en général 1,5 % à 2 % de son poids en foin par jour (variable en fonction de l’activité de l’animal). Dans la mesure où il devrait passer 70 % de son temps à manger, le foin dit « à volonté » est celui à préférer, alors que l’approvisionnement rationné a tendance à apporter un stress à l’animal. 

Le choix du foin est important : le foin de montagne est recommandé par rapport au foin de Crau, trop riche et pouvant causer des désordres hépatiques.

Il est à préciser qu’un cheval au pré ne doit pas être privé de foin pour autant. La taille des prés et la diversité des plantes ne fournissent généralement pas un apport suffisant. Par ailleurs, même quand il y a beaucoup d’herbe, le foin reste l’aliment à privilégier : un cheval qui consommerait trop d’herbe d’un coup risquerait la fourbure et certaines plantes communes peuvent également être toxiques lorsqu’elles sont consommées en trop grande quantité, comme le trèfle.


- Le cheval doit toujours avoir une eau fraîche et propre à disposition pour assurer sa bonne hydratation (pour en savoir plus, cliquez ici). Il consomme, en moyenne 40 litres d’eau par jour (variable en fonction de la saison, de la taille et de l’activité de l’animal).

- Le parc des chevaux doit être sécurisé. Les fils barbelés sont à proscrire, car les chevaux peuvent s’y blesser. Des sauvetages d’équidés emmêlés dans de tels fils et victimes d’entailles profondes ont déjà été rapportés.

- Les chevaux doivent pouvoir bénéficier d’un abri contre le soleil, le vent, les intempéries, qu’il soit naturel (arbre) ou façonné par l’Homme.

- Les chevaux doivent être au moins deux ou doivent pouvoir profiter d’interactions sociales libres avec d’autres individus de leur espèce. Ce sont des animaux de troupeau, qui répondent à des codes sociaux et dont les relations sont indispensables à leur santé et leur bien-être.

- Un cheval doit voir le vétérinaire au moins une fois par an. C’est également la fréquence que l’on recommande pour le dentiste qui pourra alors limer les éventuelles surdents qui peuvent blesser l’intérieur des joues et de la bouche du cheval. Il est aussi primordial de vermifuger les chevaux 2 à 4 fois par an.

- Les pieds des chevaux doivent être entretenus régulièrement par un professionnel. Pour bien faire, il faudrait faire parer les chevaux par un maréchal-ferrant / pareur tous les 2-3 mois.


Ces quelques points ne sont pour ainsi dire que le minimum vital pour prendre soin d’un cheval, mais cette liste est très loin d’être exhaustive. Connaissance des maladies, des gestes d’urgence, de soins, c’est presque un diplôme qu’il faudrait aux propriétaires de chevaux pour assurer un bien-être optimal des équidés. Une problématique déjà comprise à l’étranger, comme en Suisse, où des formations obligatoires sont dispensées.



Source : The Horse, Guide to Equine Health Care

Ces articles pourraient également vous intéresser