Doit-on nourrir un âne comme on nourrit un cheval ?

Par Virginie Sowinski, le mercredi 16/03/2016 à 08h00

Ânes et chevaux sont des équidés qui, semble-t-il, bénéficient du même régime alimentaire. Pourtant, le métabolisme des ânes n’est pas exactement celui de leurs cousins à sabots et leurs besoins diffèrent donc de ces derniers. Découvrez les bons gestes pour nourrir un âne en le maintenant en bonne santé.

L'alimentation de l'âne

Si comme tous les équidés les ânes se nourrissent majoritairement de fourrages, leurs besoins énergétiques sont moindres. Les nourrir avec les mêmes apports qui seraient fournis à un cheval les expose à l’obésité, au syndrome métabolique équin ou encore aux fourbures.

Il est donc important de s’éloigner des idées reçues basées sur l’alimentation du cheval pour nourrir un âne correctement. Il est délicat de limiter la quantité de foin, car comme le cheval, l’âne passe naturellement la plupart de son temps à grappiller sa nourriture et à brouter ce qu’il trouve (même s’il s’agit de ronces, d’écorces, de plantes vivaces sèches). Pour son bien-être, il est préférable de conserver un apport alimentaire en quantité, mais d’une qualité moindre, moins calorique.

Cela peut ainsi choquer, mais la paille semble plus adaptée que le foin dans l’alimentation de l’âne : elle est moins riche et peut être donnée à volonté. Il est tout de même vrai que la paille de blé que l’on rencontre communément pour les litières est difficile à mâcher. Le Donkey Sanctuary, association anglaise de protection des ânes, recommande la paille d’orge comme étant la meilleure solution alimentaire. La paille d’avoine, quant à elle, est très digeste et peut mener à une prise de poids.

Laisser un âne brouter au pré est conseillé, car il reproduit un comportement naturel. Cependant, un libre accès au printemps et en été peut être problématique, car l’herbe à cette époque de l’année est très riche. Réduisez les prés en bandes de pâturages pour réguler l’apport en herbe. Les fourrages, même si l’âne broute, doivent constituer au moins 50 % de son alimentation.


Pourquoi une telle différence entre les ânes et les chevaux ?

L’organisme des ânes est très résistant et est parfait pour s’adapter aux zones arides (déserts) dans lesquelles la nourriture est difficilement accessible. Tous les nutriments, protéines et fibres sont donc extraits de la moindre brindille grâce à un système digestif plus lent que celui des chevaux et poneys. Mieux digérée, la nourriture est ainsi mieux assimilée par l’organisme.


Il est important de comprendre que si les ânes et les chevaux sont cousins, ils n’ont pas les mêmes besoins. Pour la santé des ânes, il est donc important de s’intéresser de près à leur métabolisme et à leur mode de vie au naturel, pour leur fournir des apports adéquats : il ne s’agit pas de nourrir moins, mais de nourrir différemment.


Source : The Horse

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