Des progrès dans la lutte contre la dermite estivale chez le cheval

Par Virginie Sowinski, le lundi 14/03/2016 à 08h00

Une étude publiée en 2015 dans a revue scientifique Plos One a mis en évidence les mécanismes immunitaires qui rendaient certains chevaux sensibles aux piqûres d’insectes, notamment dans les cas de dermite estivale. Pourquoi ces individus sont-ils allergiques aux attaques de mouches et moucherons ? Réponses.

Vers de nouveaux traitements de la dermite estivale

Alors que l’on pensait que la sensibilité aux piqûres du moucheron colucoïde (responsable de la dermite) ne touchait que certains chevaux allergiques, cette étude récente tend à démontrer que tous les chevaux y sont en fait sensibles. Cependant, les réponses immunitaires mises en place sont différentes, ce qui expliquerait que les manifestations cutanées et les démangeaisons soient clairement identifiées chez les uns et ne soient pas visibles chez les autres.

Ainsi, deux types de réactions immunitaires ont été identifiés : le type 1 chez les chevaux ne déclarant pas d’allergie, et le type 2 chez les chevaux souffrant d’inflammation cutanée et de prurit à la suite de piqûres.

Les chercheurs se sont aperçus que chez les chevaux sains, les piqûres induisaient une forte augmentation de cytokines IFNy ARNm, des molécules du système immunitaire connues pour leur efficacité dans la lutte contre des infections intracellulaires.

Ainsi, face à la menace, le corps utilise ces cytokines pour lutter et éviter ainsi une autre réaction du système immunitaire, le type 2, qui se traduirait par l’allergie.

Les chevaux manifestant l’allergie, eux, n’ont pas utilisé le même biais défensif et le corps a réagi par l’inflammation.


Cette découverte sur les mécanismes immunitaires mis en place par les chevaux lors de piqûres de moucherons colucoïdes est cruciale dans la lutte contre la dermite estivale. Elle ouvre la voie à de nouveaux traitements : ceux-ci pourraient inciter le corps à adopter les bonnes réponses de protection immunitaire pour lutter contre l’allergène et éviter l’inflammation ainsi que les désagréments que l’on rencontre trop souvent chez les chevaux atteints de dermite estivale.


Source : Meulenbroeks C, Van der Lugt JJ, Van der Meide NM, Willemse T, Rutten VP, Zaiss DM, Allergen-Specific Cytokine Polarization Protects Shetland Ponies against Culicoides obsoletus-Induced Insect Bite Hypersensitivity, PLoS One, 2015 Apr 22;10(4):e0122090. doi: 10.1371

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