L’ivermectine, un vermifuge pouvant être toxique pour les chiots et les chatons

Par Virginie Sowinski, le lundi 15/02/2016 à 08h00

Utilisée comme antiparasitaire interne, l’ivermectine est une lactone macrocyclique qui stimule la libération d’acide γ-aminobutyrique, un neurotransmetteur présent dans l’ensemble de l’organisme des vers. À forte dose prolongée, la molécule provoque la paralysie et la mort de ces petits organismes et protège ainsi nos animaux de compagnie. Si elle ne présente généralement aucun danger pour eux, un risque d’intoxication est néanmoins possible chez les jeunes individus.

Intoxication à l'ivermectine chez le chiot et le chaton

Chez les mammifères, l’acide γ-aminobutyrique est présent dans le cerveau, puisque c’est un inhibiteur du système nerveux central. Cependant, même les doses maximales de lactones macrocycliques ne semblent pas présenter de danger neurotoxique, car la molécule passe difficilement dans le cerveau et elle n’est pas ou très peu métabolisée par le corps.

Pourtant, elle peut avoir un effet toxique chez les chiots et les chatons dont la barrière hémato-encéphalique n’est pas encore complètement formée. Cette barrière naturelle qui sépare le système nerveux du flux sanguin ne peut assurer son rôle de filtre et la toxine accède alors au cerveau.

Par précaution, les doses d’ivermectine administrées aux jeunes animaux sont réduites par rapport à celles données aux adultes, mais ce n’est pas toujours suffisant pour prévenir une intoxication.


Quels risques pour le chiot et le chaton ?

L’intoxication à l’ivermectine provoque des troubles neurologiques comme une perte de contrôle des mouvements (ataxie), des tremblements, des convulsions, une pupille dilatée, mais aussi d’autres symptômes comme une difficulté respiratoire, une baisse du rythme cardiaque, des vomissements. Le chiot ou le chaton peut aussi devenir aveugle.

Ces symptômes apparaissent de quelques heures à quelques jours après la prise du vermifuge.

Il n’y a pas d’antidote à proprement parler, mais il est important de réagir rapidement et de conduire son animal dans une clinique vétérinaire qui pourra effectuer les examens pour confirmer l’intoxication. Le praticien mettra ensuite en place un protocole pour évacuer la toxine de l’organisme de l’animal touché. Il peut s’agir d’une mise sous perfusion, d’administration de charbon actif, d’électrolytes ou d’autres traitements. Il peut également mettre le chiot ou le chaton sous respirateur si ce dernier montre de trop grandes difficultés respiratoires.



L’intoxication à l’ivermectine est heureusement rare et un traitement antiparasitaire interne reste bénéfique et fortement conseillé. Néanmoins, si vous observez des signes neurologiques ou des vomissements après avoir fait vermifuger votre petit compagnon, n’attendez pas et rendez-vous immédiatement chez votre vétérinaire.


Source : Clinician's Brief - Plumb's Therapeutics Brief

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