Les conditions pour améliorer la guérison du cheval hospitalisé

Par Virginie Sowinski, le mercredi 10/02/2016 à 08h00

L’impact d’un environnement sain et stimulant sur le comportement et le bien-être du cheval a déjà été maintes fois étudié. Pourtant, encore aucune étude ne s’était penchée sur l’importance d’un tel environnement dans le cas de chevaux hospitalisés. Une nouvelle thèse soutenue à l’École Vétérinaire de Maisons-Alfort a mis en évidence l’importance d’un environnement riche et sécurisant dans le processus de guérison des individus.

guérir le cheval hospitalisé par l'enrichissement de l'environnement

Le confinement, la douleur, un environnement étranger, les diverses manipulations par un personnel soignant inconnu ou encore les éventuelles périodes de jeûne sont autant d’éléments pouvant stresser le cheval hospitalisé.

Des conditions qui peuvent altérer le moral de l’animal. Or, une récente étude a mis en évidence qu’un enrichissement du milieu hospitalier pouvait diminuer significativement le stress lors de manipulations (ainsi que la dangerosité vis-à-vis du personnel), la douleur ou encore les complications.


Pour cette thèse, 12 chevaux d’âges similaires et dont les interventions n’avaient pas d’impact sur l’état général ont été séparés en deux groupes : un groupe témoin et un groupe « enrichi ». Des mesures du taux de cortisol salivaire (hormone du stress), des fréquences cardiaques et respiratoires, du score de douleur, du score de réactivité face aux soins, d’inflammation et de températures ont été prises quotidiennement.
Si certains paramètres ne montraient pas de différences notables, les résultats d’analyse concernant la douleur, la réactivité face aux soins, le taux de cortisol et l’inflammation étaient inférieurs chez les chevaux « enrichis » en comparaison avec les résultats des chevaux témoins.


Comment enrichir l’environnement d’un cheval hospitalisé ?

Les techniques d’enrichissement de l’environnement du cheval en milieu hospitalier n’ont rien d’original. Il s’agit de placer un ou plusieurs filets à foin dans le box, une pierre à sel, de favoriser l’interaction sociale en lui permettant de voir d’autres congénères au moins une fois par jour (même si c’est juste un contact visuel d’un individu dans un autre box de soins) et de promouvoir un échange quotidien qui soit source de bien-être, comme le pansage ou une petite sortie en main.

Tous ces axes d’amélioration se complètent et doivent être mis en œuvre dès le premier jour d’hospitalisation.


Si le panel de cette thèse demeure restreint, les premiers résultats sont très intéressants et ouvrent la voie à d'autres études plus approfondies du sujet : la mise en place de procédés simples visant à améliorer le bien-être du cheval pourrait faciliter sa guérison lors d’une hospitalisation.


Source : Thèse de Cécile Le Moal, Bien-être du cheval hospitalisé en clinique vétérinaire : évaluation et impact de l'enrichissement de l'environnement, soutenue à l'École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort, 2015.

Ces articles pourraient également vous intéresser